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mardi 23 octobre 2012

Shin Jin Meï / Poême de l'esprit non-duel


Pénétrer la Voie n'est pas difficile.
Mais il ne faut ni amour ni haine, ni choix ni rejet.
Il suffit qu'il n'y ait ni amour ni haine,
Pour que la compréhension apparaisse, spontanément claire,
Comme la lumière du jour dans une caverne.
S'il se crée dans l'esprit
Une singularité aussi infime qu'une poussière, aussitôt,
Une distance illimitée sépare le ciel et la terre.
Si nous réalisons l'Unité ici et maintenant,
Les idées de juste et de faux ne doivent plus pénétrer notre Esprit.
Ne cherchez pas la vérité,
Seulement, n'ayez pas de préférences (attraction/répulsion).
Ne demeurez pas dans les deux préjugés (désir et peur),
Ne recherchez pas le dualisme.
S'il nous reste un tant soit peu de notion de juste et de faux,
Notre esprit sombre dans la confusion.
Le deux dépend de l'un,
Ne vous attachez pas à l'un.
Dans la Loi Naturelle, pas de différenciation,
Mais l'homme crée lui-même des oppositions.
Dans notre conscience, la lutte entre le juste et le faux
débouche sur la maladie de l'esprit.
Le gain, la perte, le juste, le faux,
Je vous en prie, abandonnez-les.
La Conscience Cosmique Originelle est insaisissable.
Nous ne pouvons comprendre que les choses différenciées.
Dans le monde cosmique de la réalité telle qu'elle est,
Il n'y a ni ego ni autres différences.
Si vous voulez réaliser le un,
Cela n'est possible que dans le non-deux.
Comme cela est non-deux,
Toutes les choses sont identiques, semblables,
Tolérant les contradictions.
Si nous ne pouvons pénétrer à la source des choses,
notre Esprit s'épuisera en vain.
Si l'esprit n'analyse pas,
Toutes les existences du cosmos sont une.
Si nous regardons toutes les existences avec équanimité,
Nous retournons à notre nature originelle.
Si nous considérons l'unité,
Rien ne peut être comparé.
La Voie est ronde, en paix, large comme le vaste cosmos,
Parfaite ; sans la moindre notion de saisie ou de rejet.
En vérité parce que nous voulons saisir ou rejeter
Nous ne sommes pas libres.
Le sage n'est pas lié à l'action,
L'homme fou aime et s'attache lui-même à l'action.
Ne courez pas après les phénomènes ;
Ne demeurez pas dans la vacuité.
Si notre esprit demeure tranquille, il s'évanouit spontanément ...
Si nous demeurons aux deux extrémités (de la dualité),
Comment pouvons-nous comprendre l'un ?
Si l'on ne se concentre pas sur l'originel,
Les mérites des deux extrémités seront perdus.
Si nous nous identifions seulement à une existence,
Nous somme limités par cette seule existence.
Si nous suivons le Vide,
Nous devenons alors le Vide.
Même si nos paroles sont justes;
Même si nos pensées sont exactes;
Cela n'est pas conforme à la vérité. (parce qu'elle demeure non manifestée)
L'abandon du langage et de la pensée
Nous mènera au-delà de tout lieu.
Si l'on ne peut abandonner le langage et la pensée,
Comment réaliser la Voie ?
Si nous retournons à la racine originelle,
Nous touchons l'essence.
Si nous suivons les reflets,
Nous perdons l'originel.
Si le sujet ne se manifeste pas,
Les phénomènes seront sans erreur.
Pas d'erreur, pas d'objet, pas d'objet, pas de sujet.
Le sujet s'évanouit en suivant l'objet,
L'objet sombre en suivant le sujet.
L'objet peut être réalisé en tant que véritable objet
Par la dépendance avec le sujet,
Le sujet peut être réalisé en tant que véritable sujet
Par la dépendance avec l'objet.
Si vous désirez comprendre le sujet et l'objet,
Finalement vous devez réaliser que les deux sont vides.
Un vide identique à l'un et à l'autre inclut tous les phénomènes.
Ne discriminez pas entre le subtil et le grossier,
Il n'y a aucun parti à prendre.
La substance de la Grande Voie est généreuse,
Elle n'est ni difficile ni facile.
Les intellectuels tombent dans le doute.
Dans notre corps, il n'y a aucun lieu où aller et demeurer.
Si notre corps réalise profondément l'unité,
Nous pouvons couper instantanément toutes les relations.
Si nous désirons prendre le suprême véhicule,
Nous ne devons pas haïr les perceptions sensorielles.
Si nous ne haïssons pas les perceptions sensorielles,
Nous pouvons atteindre l'état de Bouddha.
Se servir de l'esprit avec l'esprit,
Est-ce grande confusion ou harmonie ?
L'esprit aliéné est sujet à l'exaltation ou la torpeur.
Dans la conscience de l'unité,
L'exaltation et la torpeur n'existent pas ...
Nous voulons trop réfléchir à l'aspect dualiste du monde.
Comme un rêve, un fantôme, une fleur de vacuité,
Ainsi est notre vie.
Pourquoi devrions-nous souffrir
Pour saisir cette illusion ?
Si nos yeux ne dorment pas,
Tous nos rêves s'évanouissent.
Le deux étant impossible,
L'un l'est également.
Finalement, en dernier lieu, Il n'y a ni règle ni régulation.
Si l'esprit coïncide avec l'esprit,
Le conditionnement des actions passées s'évanouit.
Le doute n'existant pas,
Les passions disparaissent complètement,
Et soudain apparaît la foi.
Tous les éléments étant impermanents,
Il n'y a aucune trace dans la mémoire.
Illuminer sa propre intériorité par la lumière du vide
Ne nécessite pas l'usage de la puissance de l'esprit.
Les sages, l'humanité toute entière
Vont vers l'enseignement de la Source Originelle.
Un moment de conscience devient dix mille années.
Ni existence ni non-existence,
Partout devant nos yeux.
Le minimum est identique au maximum,
Nous devons effacer les frontières des différents lieux.
L'infiniment grand est égal à l'infiniment petit,
Nous ne pouvons voir les limites de l'espace.
L'existence elle-même n'est plus distincte de l'essence.
L'essence elle-même n'est plus distincte de l'existence.
Si c'est ainsi, Vous n'avez rien à protéger.
Le un lui-même est toutes choses,
Toutes choses elles-mêmes sont un. Si c'est ainsi,
Est-il nécessaire de réfléchir sur l'Infini ?
L'esprit de foi est non-deux,
Non-deux est l'esprit de foi.
Finalement, les mots seront brisées,
Et passé, présent, futur ne seront plus limités ...
Si nous exprimons l'unité librement, nous sommes naturels.
Si nous faisons confiance à la nature,
Nous pouvons être en harmonie avec la Voie.

Maître Sosan
[bouddhisme Tch'an]

Shin Jin Mei / L’inscrit sur l'Esprit en la Confiance sereine


Ici, est reproduit une des plus beaux textes canoniques du Ch'an, le Hsin Sin Ming (Shin Jin Mei en japonais). Il a déjà fait l'objet de plusieurs commentaires et mérite toute votre attention. Lisez et relisez-le souvent, essayez même de l'apprendre par coeur, le travail que vous ferez dans ce sens portera certainement ses fruits. " Si nous faisons confiance à notre nature propre de Bouddha, alors nous pouvons être en harmonie avec la Voie ".


L’inscrit sur l'Esprit en la Confiance sereine
 
Sintchin.gif (10613 octets)Sintchin.gif (10613 octets)
La Parfaite Voie ne connaît nulle difficulté
Sinon qu’elle se refuse à tout attachement.
Ce n’est qu’une fois libérée de la haine et de l’amour
Qu’elle se révèle pleinement et sans masque.
Une différence d’un dixième de pouce d'avec elle
Et le ciel et la terre se trouvent séparés.
Si vous voulez voir la Parfaite Voie manifestée,
Ne concevez aucune pensée ni pour ni contre quoi que ce soit.
Opposer ce que vous aimez à ce que vous n’aimez pas
Voilà la maladie de l’esprit.
Lorsque le sens profond (de la Voie) n’est pas compris
La paix de l’esprit est troublée et rien n’est gagné.
La Voie est parfaite comme le vaste espace,
Rien n’y manque, rien n’y est superflu.

C’est parce que l’on fait un choix
Que sa vérité absolue se trouve perdue de vue.
Ne poursuivez pas les complications extérieures,
Ne vous attardez pas dans le vide intérieur.

Lorsque l'esprit reste serein dans l'unité des choses
Le dualisme s’évanouit de lui-même.
Et quand l’unité des choses
N’est pas comprise jusqu’au fond,
De deux façons la perte est supposée.

Le déni de la Réalité peut conduire à son absolue négation,
Alors que le fait de soutenir le Vide
Peut résulter en une contradiction avec soi-même. 
Phraséologie, jeux de l’intellect, plus nous nous y adonnons
Et plus loin nous nous égarons.
Éloignons nous donc de la phraséologie
Et des jeux de l’intellect.

Il n’est nulle place où
Nous ne puissions librement passer;
Lorsque nous remontons à la racine
Nous obtenons le Sens.
Lorsque nous poursuivons les objets extérieurs
Nous perdons la raison.

Au moment où nous sommes Illuminés en nous-mêmes
Nous dépassons le vide du monde qui s’oppose à nous.
Les transformations qui se déroulent dans le monde vide
Qui se trouve devant nous semblent toutes réelles
A cause de l’Ignorance.

N’essayez pas de chercher la Vérité,
Cessez simplement de vous attacher à des opinions.
Ne vous attardez pas dans le dualisme,
Evitez avec soin de le poursuivre.
Aussitôt que vous pensez en bien et en mal
La confusion s’ensuit et l’esprit est perdu.
Dans l’unité du Vide, les deux sont un
Et chacun des deux contient en soi
Toutes les dix mille choses.
Lorsque nulle discrimination n’est faite entre ceci et cela,
Comment une vision partiale et préconçue peut-elle surgir?
La grande Voie est calme et large d’esprit,
Rien n’est facile, rien n’est dur.
Les petites opinions sont irrésolues,
Plus elles sont hâtivement adoptées
Et plus tard elles disparaissent.
L’attachement passionnel ne reste
Jamais dans de justes limites,
Il est sûr de se lancer dans la fausse voie.
Lâchez prise, laissez les choses comme elles sont
Leur essence ne part et ne subsiste pas.
Obéissez à la nature des choses
Et vous êtes en accord avec la Voie,
Calme, détendu, exempt de tout ennui.

Mais quand vos pensées sont liées,
Vous vous détournez de la Vérité;
Elles deviennent plus lourdes,
Plus sombres et cessent d’être saines.
Et lorsqu’elles ne sont pas saines, l’âme est troublée.
Quel avantage y a-t-il à avoir l’esprit partial et préconçu?
Si vous désirez parcourir le chemin du Grand Véhicule,
N’ayez aucun préjugé contre les six objets des sens.
Lorsque vous n’aurez plus de préjugés
Contre les six objets des sens,
Vous vous identifierez à votre tour avec l’Illumination.

Les sages sont non-agissants,
Alors que les ignorants s’enchaînent eux-mêmes.
Tandis que dans le Dharma lui-même
Il n’y a nulle individualisation (ou ego).
Ils s’attachent par ignorance aux objets particuliers,
Car ce sont leurs propres esprits qui créent les illusions.
N’est-ce pas là la plus grande des contradictions ?

L’ignorance suscite le dualisme du repos et du non-repos,
Ainsi, ceux qui sont Illuminés n’ont ni attachement ni répulsion.
Toutes les formes du dualisme,
C’est l’esprit lui-même qui les invente par ignorance.
Elles sont comme des visions et des fleurs dans les airs.

Pourquoi nous mettrions-nous dans le trouble
En essayant de les saisir ?
Gain et perte, justice et injustice,
Qu’ils disparaissent une fois pour toutes !
Si un oeil ne tombe jamais endormi
Tous les rêves cesseront d’eux-mêmes:
Si l’esprit conserve son unité.
Les dix milles choses sont d’une seule et même essence.

Lorsque le profond mystère de cette essence est sondé
D’un seul coup, nous oublions les complications extérieures.
Lorsque les dix mille choses
Sont envisagées dans leur unité,
Nous retournons à l’origine de ce que nous sommes.
L’ultime but des choses,
Là où elles ne peuvent pas aller plus loin,
N’est pas limité par les règles et les mesures.
L’esprit en harmonie avec la Voie
Est le principe d’identité.
Dans un état de quiétude.

Les irrésolutions sont complètement chassées
Et la juste confiance est restaurée dans sa droiture originelle.
Rien n’est retenu maintenant,
Il n’est plus rien dont on doive se souvenir,
Tout est vide, limpide
Et porte en soi un principe d’Illumination.
 
Il n’y a pas de tâche, pas d’effort,
Ni de gaspillage d’énergie.
Voici où la pensée ne parvient jamais,
Voici où l’imagination ne parvient pas à évoluer.
Dans le plus haut royaume de l’Essence Vraie,
Il n’y a ni Autre ni Soi.
Lorsqu’on réclame une identification directe,
Nous ne pouvons que dire " pas deux ".
Et n’étant pas deux, tout est le même
Et tout ce qui est s’y trouve compris,
Dans les dix quartiers de la terre.

Tous les sages entrent dans cette confiance absolue.
Cette confiance absolue est au-delà du temps et de l’espace
Un instant y est dix mille années,
Peu importe comment les choses sont conditionnées
Que ce ne soit pas " être " ou " ne pas être ",
Tout cela est manifeste partout devant vous.
L’infiniment petit est aussi vaste que peut être l’immensité
Lorsque les conditions extérieures sont oubliées:
L’infiniment grand est aussi petit
Que l’infiniment petit peut l’être.

Lorsque les limites objectives sont reléguées hors de la vue,
Ce qui est, est la même chose que ce qui n’est pas,
Ce qui n’est pas est la même chose que ce qui est.
Lorsque cet état de choses manque de se produire,
Ne vous attardez surtout pas.
Un en Tout - Tout en Un !
Si seulement cela est réalisé,
Ne vous tourmentez plus alors sur votre imperfection.
L’esprit confiant n’est pas divisé
Et indivisé est l’esprit confiant.

C’est là que les mots sont impuissants,
Car, cela n’est ni du passé, ni du futur ni du présent.
Ainsi, nous ne pouvons pas dire " pas de Dualité ".



 Sengtsan (maître Tch’an) mort vers 606.


source: bouddha.ch

Présentation de Maitre Sosan


Sosan Le patriarche lépreux


"La voie est ronde, en paix, parfaite comme le vaste monde
Sans aucune notion de manque ni de superflu.
En vérité, c'est parce que nous voulons choisir ou rejeter
Que nous ne sommes pas libres."
Sosan (Seng-ts'an, ?-606)
L'homme: Troisième patriarche chinois. Disciple d'Eka et maître de Doshin. Auteur du Shin jin mei (Poème de la foi en l'esprit).
Son histoire: On ne sait rien de ce qui précède sa rencontre avec Eka. Il a alors quarante ans et souffre de la lèpre. Devient disciple d'Eka, reçoit l'ordination et guérit de sa maladie. Très vite, Eka lui transmet la robe patriarcale. Se cache pendants dix ans et doit simuler la folie pour échapper aux persécutions de l'empereur contre les bouddhistes. Donne la transmission à son disciple Doshin et meurt en kinhin* (méditation debout) sous un arbre.
Son enseignement: Il n'y a pas de dualité. Ce sont nos attachements et nos discriminations qui nous font perdre l'harmonie et la clarté naturelles
Épisodes marquants: La rencontre avec Eka

Il en va de Sosan comme des autres patriarches des premiers temps de la lignée chinoise : leurs contemporains, ignorant qu'ils avaient affaire aux pères fondateurs, n'ont consigné ni leurs faits et gestes ni leurs paroles, si bien qu'on a très peu d'informations sur eux. Outre qu'il est le troisième patriarche, Sosan occupe une place prépondérante en tant qu'il est l'auteur du premier texte sacré du chan*, le Shin jin mei, un long poème exprimant l'essence de l'enseignement transmis. Bodhidharma et Eka n'ayant rien écrit, ou en tout cas rien de semblable, c'est par le Shin jin mei qu'on peut comprendre les traces qu'ils ont laissées. La tradition veut que l'essence de l'enseignement de Bodhidharma se résume à "on ne peut rien obtenir" et celle de l'enseignement d'Eka à "on ne peut rien rejeter" ; Le Shin jin mei est la quintessence de cet héritage. C'est aussi dans ce texte qu'apparaît pour la première fois un terme essentiel du langage zen : hishiryo, qu'on peut traduire par la pensée absolue, au-delà de la pensée et de la non-pensée, un concept qui, transporté au Japon six siècles plus tard, sera abondamment repris par maître Dogen. Le Shin jin mei a en outre le mérite d'être le seul texte en langue chinoise qui appartienne au tronc commun soto* et rinzai* : tous ceux qui suivent datent en effet d'après la séparation.
De la vie de Sosan, on ne connaît guère que l'histoire de sa rencontre avec Eka, son prédécesseur dans le dharma*. Il en existe deux variantes. Dans l'une et l'autre, Sosan est un laïc d'une quarantaine d'années, malade de la lèpre. Selon la première, qui se situe dans le droit fil de l'échange entre Bodhidharma et Eka, Sosan va trouver ce dernier. "Je souffre de la lèpre", lui dit-il, "lave-moi de mes péchés." "Apporte-les moi", lui répond Eka. "Je ne peux pas les trouver." "C'est donc que je t'en ai lavé." Dans la seconde version, c'est Eka qui parle en premier : "Tu es lépreux, que puis-je faire pour toi ?" "Mon corps est malade, mais l'esprit d'un malade n'est pas différent du vôtre."
La suite des événements diffère également selon les deux récits. Dans le second, les propos de Sosan convainquent Eka qu'il a affaire à un être éveillé, et il lui transmet sur le champ les insignes du patriarcat - la robe de Bodhidharma et son bol de mendiant. Dans le premier, le dialogue se poursuit ; Eka dit à Sosan : "Maintenant, tu dois prendre refuge dans le Bouddha, le Dharma* et la Sangha*." "Ayant devant moi un moine, je sais ce qu'est la Sangha", lui répond Sosan, "mais dites-moi je vous prie ce que sont le Bouddha et le Dharma." "L'esprit est le Bouddha, l'esprit est le Dharma, et l'on doit dire la même chose de la Sangha." Sosan fut pleinement satisfait. "Pour la première fois je comprends que les péchés ne sont ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, ni entre les deux. De même le Bouddha et le Dharma sont l'esprit, ils ne sont pas deux." Sur ce, Eka lui donna l'ordination et, au bout de deux ans, la transmission. Après quoi Sosan s'enfuit pour échapper aux persécutions contre les bouddhistes. Finalement il rencontra son successeur, Doshin, auquel il transmit la robe au cours d'un épisode qui est un nouveau rebondissement des deux transmissions précédentes. "Montre-moi la voie vers la délivrance", supplie Doshin. "Qui t'a jamais enchaîné ?" rétorque Sosan. "Personne" "Pourquoi alors demandes-tu la délivrance ?"

GLOSSAIRE
Chan : mot chinois équivalent au sanskrit dhyana et au japonais zen.
Dharma : l'enseignement du Bouddha et des patriarches. L'ordre universel.
Kinhin : marche rythmée sur la respiration pratiquée pendant l'intervalle séparant les deux parties d'une séance de zazen.
Rinzai : lignée zen fondée par Rinzai (Lin chi, mort en 868) et dont l'origine remonte à Nangaku, disciple d'Eno. L'école rinzai - qui, à côté du soto, constitue l'un des deux grands courants encore vivants du zen -, insiste sur l'obtention du satori et utilise les koan comme outil de méditation.
Sangha : la communauté des disciples.
Soto : école du zen fondée par Tozan et Sozan et remontant à Seigen, disciple d'Eno. Également appelée "zen de l'illumination silencieuse", par opposition au "zen de la contemplation des mots" caractéristique de l'école rinzai. Le soto a été introduit au Japon par Dogen au XIIIe siècle.
source:  site des deux versants