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vendredi 8 juin 2012
Mushotoku
"Lorsque nous commençons à pratiquer zazen, nous venons avec un but : acquérir de la sagesse, devenir plus calme, serein, s'éveiller, devenir bouddha.
Avec l'expérience, la pratique devient mushotoku, sans but ni esprit de profit.
Dans Zen et vie quotidienne, Taisen Deshimaru dit:
Ayons l'esprit mushotoku, sans rien chercher à obtenir, sinon nous tombons dans l'égarement. Le Zen signifie tout arrêter, tout abandonner, se défaire de toute pensée, de toute idée, se débarasser de tout rêve et de toute illusion, perdre toute notion et toute conception, se libérer des données de notre conscience.
Un peu plus loin, il explique :
Par l'abandon de toute volonté, de toute pensée et de toute conception, le véritable esprit pur se manifeste. Le cerveau est nettoyé, lavé, clarifié. Dans la vie, seules les pensées importantes surgissent par l'intuition, elles se manifestent, et par la sagesse se réalisent, inconsciemment, naturellement, automatiquement. Par la pratique continue de zazen, l'esprit pénètre profondément le corps; il devient le corps; c'est alors le corps qui pense; l'action devient purement intuitive, infiniment plus juste que l'action issue de la pensée discursive et de la volonté. "
Mushotoku
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Dans la grande ville un moine avait pour voisine une étudiante. Elle préparait depuis de nombreuses années un examen très difficile. Le jour de l’examen approchait. La jeune fille qui voulait rester éveillée pour étudier jusqu’à l’aube n’avait plus de sucre pour son café. Elle alla en demander à son voisin le moine.
Il lui en donna. La jeune fille retourna à ses livres. Elle vint à manquer de café. Elle frappa de nouveau à la porte de son voisin en pleine nuit. Le moine inquiet de son agitation l’invita à rentrer chez lui et à se poser un instant. Mais elle ne voulait pas perdre une seule minute de son temps précieux pour converser avec un vieux moine le temps d’une tasse de café Elle rentra chez elle, mais fébrile et maladroite elle cassa la seule tasse et le seul verre qu’elle avait chez elle. A bout de nerfs, en larmes elle ouvrit la porte à son voisin, le moine qui venait lui porter des carrés de chocolat Il lui raconta l’histoire du poisson qui avait peur de ne pas savoir nager. Son entourage avait beau lui confirmer qu’il était entouré d’eau, qu’il ne se noyait pas et que s’il n’avait jamais appris à nager c’était parce que tous les poissons au monde savaient nager, lui ne voulait rien savoir. Il restait tapis dans un rocher et dépérissait. Un guérisseur vint lui murmurer un secret. A son réveil le poisson était guérri. L’eau était devenu son élément. Il était sans peur. Il ne pouvait pas révéler son secret, mais on raconte qu’aux âmes attentives il le révèle en rêve. Si la jeune fille acceptait de dormir un peu, elle pourrait peut-être entendre le poisson lui murmurer son secret. Le moine sourit en constatant que la jeune fille s’était endormie à l’écoute de son histoire. Il sorti sans faire de bruit. Elle vint le lendemain le remercier de sa sollicitude et lui dire que reposée elle avait eu l’esprit clair et sans inquiétude. Sans connaître les résultats elle était cependant en paix, sachant avoir fait de son mieux pour réussir. Le moine su alors que le poisson en rêve lui avait murmurer: mushotoku. |
| © Gilda Gonfier |
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