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samedi 16 novembre 2013

Maître Tich Nhat Hanh répond au public

Questions du Coeur - Conseils sur la pratique



QUESTIONS DU CŒUR :

*Conseils sur la pratique par le Vénérable Maitre

Thich Nhat Hanh.*

Cette série de questions/réponses a été enregistrée le 7 avril 2013 en Thaïlande, lors du troisième enseignement du dharma de Thầy, à la retraite " Écoles et enseignants" d'avril 2013, en Thaïlande, réservée aux Enseignants.
Il répond ici à des personnes qui cherchent de l'aide non seulement pour leurs problèmes personnels, mais aussi concernant leurs difficultés professionnelles à enseigner. Parmi les sujets généraux traités, il y a comment amener les jeunes à pratiquer la pleine conscience.
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Q: Lorsque nous essayons de pratiquer l'écoute profonde et que l’interlocuteur adopte un discours violent et emploie des mots blessants qui font souffrir les autres ainsi qu'elle même, comment pouvons nous maintenir l'écoute profonde ?
R: Le but de l'écoute compatissante est d'aider les personnes à souffrir moins. Si elles sont pleines de souffrance, elles ne pourront pas utiliser la parole aimante. Sans doute, beaucoup d'amertume, de douleur, de violence, de déception et de colère dans leur cœur se manifestent par des paroles et des actions dévastatrices.
Vous devez donc alors vous rappeler d'une chose : cette personne est pleine de souffrance. J'écoute pour l'aider à réduire sa souffrance. Cette action en pleine conscience a deux aspects: d'abord identifier la souffrance à l'intérieur de la personne, et ensuite se rappeler du but de notre écoute profonde. Pendant l'écoute, soyez conscients de cette action, utilisez cette énergie de compassion pour vous protéger de ce discours blessant. Si vous y arrivez, les dommages ne dureront pas. Si vous n' arrivez pas à maintenir cette énergie de compassion , ne vous forcez plus à écouter. vous perdez votre compassion . Attendez un autre moment, lorsque vous serez plein de compassion et de compréhension pour pratiquer l'écoute profonde.
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Q: Nous avons embauché une personne, pour la formation, mais elle utilise un langage discriminatoire vis à vis des femmes et des personnes des autres ethnies. Nous trouvons cela très pénible .Notre question est : comment exprimer notre inconfort vis à vis de son comportement et de son langage, de la manière la plus amicale?
R: Je ne pense pas que vous ayez à changer sa manière de parler. Vous devez changer votre manière d'écouter. Si vous arrivez à identifier sa souffrance, et comment elle la manifeste extérieurement, alors tout ce qu'elle dit ne vous irrite plus. Et si vous arriverez à écouter avec compassion, la personne modifiera graduellement sa manière de s’exprimer sans que vous ne deviez lui donner des instructions.
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Q: Nous travaillons avec des villageois d'une tribu de montagne qui doivent tuer des animaux pour se nourrir et détruire la forêt, contribuant ainsi au réchauffement climatique - les moyens d'existence des aînés dépendant ainsi de la destruction de la vie. Comment pouvons nous éduquer leurs enfants à la protection de la vie?
R: Si vous pouvez cuisiner végétarien pour eux, ce serait très bien. Ils pourront ainsi progressivement changer leurs habitudes alimentaires. Vous devez trouver des moyens concrets pour leur montrer la souffrance de toutes créatures vivantes. Peut-être qu'en voyant un film ou un documentaire sur des animaux tués pour être mangés , ils pourront alors ressentir la douleur des mères de ces animaux. C'est plus formateur qu'un discours du dharma ou qu'une recommandation éthique abstraite. Vous pouvez créer un jardin potager, faire pousser des légumes bio et les inviter à cultiver le jardin avec vous. Non seulement un jardin est durable et fournit des légumes à manger, mais il peut également apprendre aux enfants des manières alternatives de vivre . Montrez leur qu'il est possible de manifester notre amour en mangeant de la nourriture biologique, et qu'il n'est pas nécessaire de consommer de la viande. Une personne qui a de la compassion est une personne heureuse. Alors organisez cela et vous allez réussir.
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Q: Nous voulons appliquer vos méthodes dans notre école, mais le directeur ne l'accepte pas. Comment pouvons nous les utiliser sans être renvoyés?
R: Il y a de nombreuses façons d'introduire ces méthodes dans votre école. La meilleure manière est d'intégrer adroitement et habilement l'enseignement de la pleine conscience dans la salle de classe. Si nous invitons les étudiants à commencer la classe avec une respiration en pleine conscience, qui peut nous arrêter ? Vous devrez laisser les gens remarquer les changements dans la classe. Si la classe progresse, les élèves deviennent plus aimables, alors tout le monde le remarquera. Supposons que vous conduisiez une session de relaxation totale, peu importe sa durée, cela aura certainement un impact sur la classe. Vous devrez également trouver le temps d'approcher le principal et les autres professeurs pour discuter de la manière d'améliorer le bien-être des étudiants, et comment concrètement certaines choses devront être faites. Lorsqu’un maître ou une maîtresse d'école pratique la pleine conscience, tout change en ce qui le ou la concerne; les gens le remarqueront et l'interrogeront sur sa stabilité. Lorsque les autres s’en rendront compte, ils ne pourront pas empêcher votre démarche. Si vous ne goûtez pas cette joie de la pleine conscience, vous ne pourrez pas l'introduire dans la salle de classe. Vous pouvez aussi écrire un article sur les bénéfices de la pratique et le partager avec vos collègues et vos supérieurs. Il y a beaucoup d'exemples pour prouver comment la pleine conscience a pu bénéficier aux écoles.
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Q: J’ai de la souffrance, mais quand j'essaye d'échapper à la racine de cette souffrance, mes étudiants viennent me voir pour obtenir de l'aide concernant leurs propres problèmes, et à ce moment là ma mère m'appelle au téléphone pour me dire que mon père veut lui faire du mal. Comment puis-je gérer en même temps ces trois sources de souffrance ?
R: Vous essaierez d'écouter la souffrance de vos étudiants et de votre mère, mais vous ne pouvez résoudre qu'un seul problème ! C'est très clair, vous devez d'abord dire à votre mère que vous parlerez avec elle, réfléchirez au problème et la rappellerez. C’est tout à fait logique. Afin de ne pas être submergé par trop de choses en même temps, nous devons apprendre à nous ménager et à nous nourrir nous-mêmes pour avoir assez de capacité pour gérer de multiples problèmes.
Il y a deux choses: d'abord apprendre à gérer la souffrance et ensuite à cultiver le bonheur. Vous devez apprendre à guérir vos blessures et à fortifier votre corps. Je dois répéter l'exemple du trajet vers l'école: marchez de manière telle que vous puissiez vous nourrir vous même. Pour n'importe quelle activité quotidienne , pratiquez de telle sorte pour que celle-ci devienne une source de nourriture pour nous. Lorsque votre vie quotidienne vous alimentera, vous aurez assez de force pour ne pas être submergé par de multiples problèmes. Si un médecin voit qu'un patient est trop faible pour subir une opération, il différera l'intervention chirurgicale pour permettre d'abord au patient de reprendre des forces . Apprendre à vivre heureux à chaque moment est très important pour réduire la souffrance. En ouvrant le robinet, vous vous sentez heureux. En brossant vos dents, vous vous sentez heureux. Apprendre à apprécier et à savourer toutes ces choses journalières basiques est vital et ce sera la pleine conscience qui vous maintiendra attentif à la souffrance et à ses solutions.
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Q: Quand je pratique, il y a vraiment des transformations mais elles ne durent pas. Par exemple, je suis capable de voir ma colère monter et de la laisser passer, mais je ne l'ai réalisé que quelques fois et je me sens très découragé. Comment puis-je conserver les résultats de ma pratique?
R: Si vous vous forcez à inspirer en pensant que c’est bien, ce n'est pas une pratique sage. Si vous commencez à respirer d'une manière qui vous rende heureux et stable dans les trois ou quatre premières secondes, c'est une pratique sage. Ne vous forcez pas à pratiquer, cela fait souffrir. Le Bouddha a dit que le dharma est merveilleux au début, au milieu et à la fin. Vous devriez vous sentir calme et heureux pendant toute l’inspiration, pas seulement à sa fin. Donc abandonnez la pratique comme moyen, et le bonheur comme résultat . Le bonheur n'est pas une destination mais un chemin. Il n'y a pas un chemin vers la relaxation, la relaxation est le chemin. Vous ne pouvez pas vous forcer à vous relaxer! Une bonne pratique est une pratique durant laquelle vous ne souffrez pas! Si vous souffrez pendant la méditation marchée, ce n'est pas une bonne pratique. Si vous inspirez et expirez au son de la cloche en ressentant de la souffrance, ce n'est pas une bonne pratique. Prenez plaisir à votre pratique et cette question ne se posera plus.
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Q: Certains d'entre-nous vivent dans de grandes villes, alors quand nous avons l'opportunité de pratiquer dans un temple, nous trouvons cela très dur à suivre. Lorsque nous retournons en ville, les enseignements appris sont difficiles à maintenir et à suivre.
R: C'est plus facile de pratiquer en tant que monastique qu'en tant que laïc. En vivant au sein d'une communauté monastique, vous êtes dans un environnement idéal. Donc maintenir les enseignements et les préceptes est plus facile dans une communauté de frères et de sœurs monastiques. Le Bouddha était toujours accompagné de moines parce qu'il comprenait cette réalité. Nous imitons simplement le Bouddha en amenant avec nous des monastiques et des pratiquants laïcs expérimentés. Si vous voulez que la pratique soit facile, devenez moine! Sinon vous devez bâtir une Sangha où que vous soyez. En ville, une Sangha laïque remplace la Sangha monastique des temples. C’est pour cela qu'une retraite telle que celle-ci peut inspirer les gens à continuer leur pratique en bâtissant ou en trouvant une Sangha. En général, ils la trouvent le dernier jour de la retraite, en particulier ceux qui vivent dans une même ville. Beaucoup de Sanghas laïques se sont développées à travers le monde. En Allemagne, il y a plus de quatre vingt Sanghas pratiquant dans la tradition du Village des Pruniers. Au Royaume Uni, il y en a peut être cent. Dans des villes comme Londres et New-York, il peut y en avoir au moins dix.
Alors quand vous rentrez à la maison, demandez autour de vous, réunissez un groupe un fois par semaine pour marcher en pleine conscience, manger en pleine conscience et écouter un enseignement du Dharma ensemble. Je pratique toujours la méditation marchée dans les gares ou les aéroports. Si je vais au supermarché, je fais de même! Si vous y faites de la méditation marchée, vous savez quoi acheter et quoi ne pas acheter! Parfois, je sors du supermarché en n'ayant rien acheté. C'est du Bouddhisme appliqué que vous pouvez pratiquer dans la société.
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Q: Comment les enfants et les petits enfants peuvent-ils se réconcilier avec des parents ou des grands-parents qui les ont blessés ou abusés ? Nous voulons aussi aimer nos aînés, mais nos blessures sont encore trop fortes.
R: Lorsque nos parents souffrent et ne savent pas comment gérer leur souffrance, il nous la transmettent. Donc en regardant dans notre souffrance, nous pouvons voir la souffrance de nos parents. Si nous ne transformons pas cette souffrance, nous la transmettrons aussi à nos enfants. C'est le samsara de la souffrance.
Nous pensons en général que nos parents sont à l'extérieur de nous, qu'ils sont des personnes différentes. Ce n'est pas vrai, ils sont à l'intérieur de nous, entièrement présents dans chacune des cellules de notre corps. Le bonheur et la souffrance de chaque cellule de notre corps est aussi celle de nos parents.
Si nous ne transformons pas la souffrance de nos parents en nous, nous ferons également souffrir les gens que nous aimons le plus. Nous ne devrions pas essayer de changer le père ou la mère à l'extérieur de nous sans changer le père ou la mère à l'intérieur de nous. Nous devons nous souvenir que nous sommes la continuation de nos parents. Nous les emmenons dans le futur. Donc à chaque fois que vous marchez, invitez votre père ou votre mère intérieur (e) à se joindre à vous pour qu'il ou elle puisse goûter les merveilles de la vie et être ainsi transformé en vous.
Savourez une tasse de thé avec eux, de sorte à ce qu'ils puissent être transformés à l'intérieur de vous. C'est plus facile de transformer votre père ou votre mère intérieur (e) avant de vous focaliser sur le père ou la mère à l'extérieur de vous.
Nous pouvons transformer nos parents intérieurs en des personnes aimantes, pleines de joie, compassionnées et mettre fin à leur samsara en nous. Nous serons alors en situation d'aider notre père, notre mère extérieurs à changer. Mais pas avant, car un père intérieur en colère se confrontant à un père extérieur en colère, cela ne peut mener à grand chose! J’ai vu des enfants revenir aider leurs parents. Prendre refuge dans les Trois Joyaux et les cinq entraînements est la voie la plus parfaite pour guérir les blessures et se transformer.

vendredi 4 octobre 2013

Dis-moi Thay : C'est quoi Dieu?


Dis-moi Thay : C'est quoi Dieu?
Durant la retraite d'été un enfant a posé cette question à Thay et voici sa réponse :
"Question difficile mais je vais essayer de répondre.
Je pense que Dieu est tout. Certainement Dieu n'est pas une idée ou une notion.
Dieu est très réél, tu peux entrer en contact avec Dieu lorsque tu es en pleine conscience, concentré, avec une vision profonde. Quand tu viens au Village des Pruniers en tant que pratiquant de méditation, tu cultives l'énergie de pleine conscience, de concentration et de vision profonde et avec ces trois énergies très certainement tu peux toucher Dieu à la fois au Village des Pruniers ou quand tu rentres chez toi tu continues à toucher Dieu.
Tu sais que lorsque tu t'arrêtes de penser, lorsque tu inspires en pleine conscience et te réjouis d'inspirer tu peux déjà entrer en contact avec Dieu, parce que lorsque tu inspires comme cela tu te réjouis d'inspirer et tu découvres qu'inspirer c'est merveilleux.
Lorsque j'inspire je sais que je suis vivant et être vivant est une chose merveilleuse.
Quand j'inspire je deviens vraiment vivant, je vois que mon corps, que mon esprit sont merveilleux, je peux entrer en contact avec le soleil, avec les collines où poussent les fleurs de tournesol, avec l'eau qui coule du robinet, il y a tant de merveilles dans la vie en moi et autour de moi.
Lorsque je marche en pleine conscience je reconnais que le sentier qui amène au sommet ou dans les bois est plein de merveilles, l'herbe, les petites fleurs, les insectes, le soleil, tout est une merveille. Un caillou, une feuille, un papillon, tout est merveilleux et je peux voir Dieu dans tout. Tu peux voir Dieu dans un caillou, dans un grain de poussière, dans un papillon, dans une fleur de tournesol. Tu peux voir Dieu dans la personne à côté de toi et si tu vois Dieu ainsi tu es une personne heureuse.

Tu ne veux pas te faire du mal et tu ne veux pas faire du mal aux autres, même s'ils sont violents. Ils souffrent parce qu'ils n'ont pas été capables d'entrer en contact avec Dieu. mais s'ils pratiquent la pleine conscience, la concentration et la vision profonde, s'ils sont conscients, concentrés et qu'ils ont de la clarté ils auront la chance de réaliser qu'ils sont dans le royaume de Dieu. Nous sommes rééllement dans le royaume de Dieu et lorsque nous faisons la marche méditative nous marchons dans le royaume de Dieu.
Si tu fais la marche méditative correctement tu sais que tu marches dans le royaume de Dieu et si le royaume est là, Dieu est là aussi. Tu peux entrer en contact avec Dieu dans le royaume de Dieu avec chaque souffle et chaque pas et c'est ce que je fais durant la marche méditative. Se réjouir du royaume de Dieu cela veut dire se réjouir de Dieu.
Pour moi Dieu n'est pas une idée abstraite mais quelque chose très réél que tu peux rencontrer dans chaque moment de ta vie quotidienne. Ton corps appartient au royaume de Dieu, ton esprit aussi.
Cette fleur, ce ruisseau, cet arbre, ils appartiennent tous au royaume de Dieu et c'est dommage si nous nous laissons attraper par notre colère, par notre peur, notre jalousie et que nous ne puissions pas être en contact avec le royaume de Dieu. Si nous ne savons pas comment être en contact avec le royaume de Dieu et avec Dieu alors nous gaspillons notre vie.

Au Village des Pruniers nous apprenons à marcher, à s'asseoir, à manger, à prendre une douche de manière à pouvoir entrer en contact avec les merveilles de la vie qui appartiennent au royaume de Dieu.
Tout appartient au royaume de Dieu, incluant cette fleur de lotus, incluant ce petit garçon.
Continues à apprendre pour pouvoir comprendre cela plus profondément."
Dis-moi Thay : C'est quoi Dieu?


cet article est issue du site:http://maisondelinspir.over-blog.com/

mercredi 18 septembre 2013

Les 51 Formations Mentales

Bonjour les amis, j'espère que tout va bien pour vous. Aujourd'hui je vous propose un petit résumé des 51 formations mentales résumé par Maitre Tich Nhat Hanh..à méditer!!! Tyz'


Composantes de l'Esprit dans la Tradition Mahayana

Les Cinq Formations Mentales Universelles : contact ; attention du mental ; sensations ; perceptions ; et motivation


Les Cinq Formations Mentales Particulières : le zèle ; la détermination ; l’attention ; la concentration ; la compréhension


Les Onze Formations Mentales Bénéfiques : la foi ; l’humilité intérieure ; l’humilité en relation à autrui ; l’absence d’avidité ; l’absence d’aversion ; l’absence d’ignorance ; l’énergie ou diligence ; l’aisance ; le soin, la vigilance ; l’équanimité ; la non-violence


Les Six Formations Mentales Non Bénéfiques : l’attachement ; l’aversion ; l’ignorance ; la fierté ; le doute ; les vues


Les Vingt Formations Mentales Non Bénéfiques secondaires : la colère ; le ressentiment ; l’hypocrisie ; la malveillance ; la jalousie ; l’égoïsme ; la tromperie ; la duplicité ; le désir de nuire ; la fierté ; l’absence d’humilité intérieure ; l’absence d’humilité vis-à-vis des autres ; l’agitation ; l’inertie de l’esprit ; le manque de foi ; la négligence ; l’indolence ; l’oubli ; la distraction ; le manque de discernement


Les Quatre Formations Mentales Indéterminées : le regret ; la torpeur ; la pensée initiale ; la pensée d’investigation



mercredi 10 juillet 2013

JOURNEE DE PLEINE CONSCIENCE DU 21 JUILLET

Bonjour les amis,

La sangha des litchis - Tich Nhat Hanh - innove !!

Notre prochaine journée de pleine conscience aura lieu en plein air pour une marche randonnée de Bras Canot à Grand Etang.

Programme indicatif de la journée :

8h30, RDV chez Didier à Bras Canot.
Marche en silence de Bras Canot à Grand Etang. Selon les conditions climatiques, le nombre de participants et leur condition physique, la marche peut être écourtée vers la fôret Ravenales. Prévoir chapeau, crème solaire, et tout le parfait équipement du randonneur....
Didier sera notre guide. Durée approximative de la marche : 2h30.
A l'arrivée, temps d'échanges et de papotages divers....
Repas pique nique , les 20 premières minutes en silence. Chacun emmène son pique nique végétarien.
Départ vers 14h. arrivée à Bras Canot vers 16h30.

Merci de bien vouloir nous informer de votre participation ,
par mail : zazen974@gmail.com. Nous vous communiquerons ensuite les coordonnées exactes du point de rendez vous.


Cette journée est totalement gratuite.

Et n'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.

Un lotus pour vous




mardi 12 février 2013

Enseignement offert par Thay le jour de son anniversaire

ENSEIGNEMENT DU 11 OCTOBRE 2012,
ANNIVERSAIRE DE THÂỳ
 
 
Le 11 octobre 2012, la communauté des 4 Hameaux du Village des Pruniers s’est réunie dans la salle de méditation Assemblée des mille étoiles au Hameau du Bas pour fêter l’anniversaire de Thâỳ, jour de sa continuation.  Le monastère de Blue Cliff aux Etats Unis, la maison de l’Inspir, le groupe Wake Up en retraite en Angleterre et la Pagode-mère Tư Hiêu (Compassion et Amour) au Vietnam étant en communication en ligne.
Ce jour d’anniversaire était très joyeux, particulièrement lors de la projection des films que les sœurs du Hameau du Bas et du Hameau Nouveau avaient réalisés pour l’occasion. Des messages provenant des quatre directions arrivaient en nombre. Presque mille personnes de tous les pays ont envoyé des messages sur facebook. Les plus touchants étaient les messages des amis proches et des pratiquants qui, pour célébrer ce jour, au lieu de faire des cadeaux, ont exprimé des vœux concernant leur pratique. Nous avons pu lire sur facebook des centaines de message de remerciement comme : « votre enseignement m’a sauvé la vie » ou « grâce à vous, je sais maintenant sourire à mes mauvaises habitudes et faire preuve de compassion vis-à-vis des personnes peu aimables et peu à peu les aider à dépasser leurs difficultés et à dénouer leurs nœuds internes ».
La communauté monastique de l’Inter Être en Angleterre (UK Order Inter Being) a envoyé en cadeau le dessin d’un grand arbre centenaire avec beaucoup de fleurs et de fruits représentant les réussites et les promesses des élèves de Thâỳ, ses enfants spirituels, de continuer la pratique. Par exemple « Je pratique la respiration, le sourire et la marche dans la pleine conscience pour être présent pour moi et les personnes que j’aime. »
Voici la réponse de Thâỳ à la communauté de la Pagode-mère Tư Hiêu qui lui demandait des encouragements à propos de la question « Comment pouvez-vous être la continuation de Thâỳ ? »
 
Au village des Pruniers, nous ne souhaitons pas « bon anniversaire » mais plutôt « bonne continuation ». « Continuer quoi ? » et « qui continue qui ? ». Aujourd’hui, nous méditons sur la continuation de Thâỳ en Thâỳ même et en vous, les enfants de Thâỳ, monastiques et laïcs.
Que veut dire continuer Thâỳ ? La continuation a deux aspects : l’un concernant le corps et l’esprit de Thâỳ et l’autre concernant le corps et l’esprit de celui qui reçoit ce qu’il transmet. Le Bouddha a enseigné ainsi la transmission : celui qui transmet, celui reçoit la transmission et l’objet de la transmission sont la même chose. Il n’y a ni sujet de transmission, ni sujet qui reçoit la transmission, il y a seulement la transmission.
Transmettre quoi ? D’abord transmettre un pas. Avez-vous déjà fait un pas sur la terre en pleine conscience ?  Thâỳ espère que les moines et les moniales de la Pagode-mère Tư Hiêu, où il a reçu du Vénérable Sư Cổ la responsabilité d’Abbé, puissent réaliser tout de suite sa continuation dans chaque pas, dans la méditation et dans chaque respiration. Vous devez réellement continuer Thây dans chaque respiration et dans chaque pas dans la pleine conscience, de la chambre à coucher aux toilettes, des toilettes à la salle à manger, de la salle à manger à la salle de la méditation. Vous devez continuer vraiment Thâỳ dans chaque respiration et chaque pas. Depuis 60 ans, Thâỳ a transmis certaines expériences, certains questionnements, certains espoirs, à de nombreuses personnes, concernant la communication, la manière de marcher, de manger et de travailler dans la pleine conscience, à travers ses livres et ses enseignements, soit devant des assemblées nombreuses, soit à de petits groupes, soit à une personne individuellement.
 
Jusqu’où avez-vous déjà pu continuer Thâỳ ?
 
Marcher en méditation dans la Terre Pure.

Thâỳ a transmis la Terre Pure dans l’ici et le maintenant. Que la  Pagode-mère ne néglige pas la méditation marchée dans la Terre Pure, chaque jour. Que chacun participe à la marche en pleine conscience à l’extérieur, une fois par jour, c’est la pratique ensemble de la marche méditative ; en dehors de cela, il y a la marche individuelle pour aller de la chambre à la salle à manger, de là à là-bas, de la résidence des moines au travail…Qu’à l’heure de la marche méditative commune dans la Terre Pure, il ne manque personne. Qu’il en soit de même pour la méditation assise, que soit inscrit le motif de la personne qui a dû s’absenter.  
Thâỳ a déjà transmis la pleine conscience, les 5 entraînements à la pleine conscience et la respiration consciente lorsque des sentiments forts ou des émotions tristes ou de la souffrance apparaissent afin d’en prendre soin, d’examiner profondément, de faire naître la compassion et de les transformer.
Lors des journées de pleine conscience, lorsque les amis laïques viennent pratiquer, nous allons aussi dans la Terre Pure. Pour que chacun puisse voir que le royaume de la Terre Pure des soutras n’est pas un rêve éloigné mais peut être réalisé tout de suite dans l’ici et le maintenant, après l’enseignement du dimanche, proposez, après que chacun se soit reposé 10 minutes, un rassemblement devant la salle de méditation pour rejoindre ensemble la Terre Pure. Nous pouvons aller le long d’un étang, puis aller sur une colline et nous asseoir ensemble dans la Terre Pure, respirer et voir la présence de la Terre Pure ici et maintenant. Nous pouvons être conscients et reconnaitre la présence de chacun, c’est vraiment être et s’asseoir ensemble dans la Terre Pure.
Nous avons pu le faire lors des voyages au Vietnam de Thâỳ en 2005, 2007 et 2008. Nous avons eu chacun cette expérience. Nous devons continuer, nous devons donner avec précision les instructions chaque fois que des pratiquants laïques viennent à la Pagode. Chacun doit avoir un livre de pratique pour pouvoir lire, comprendre et aller dans la Terre Pure. N’importe quel monastique, n’importe quel laïc se rendant à la Pagode-mère peut aussi faire cela : aller dans la Terre Pure ici et maintenant.
 
Pas de construction de stupa pour Thây
Thâỳ ne souhaite pas qu’un stupa soit construit à la Pagode-mère. Cette construction n’aurait aucun sens si vous n’êtes pas dés maintenant la continuation de ce que Thâỳ vous a transmis. Thâỳ n’apprécie pas le fait de prendre ses cendres, de les mettre dans une urne qui serait déposée dans un stupa. Thâỳ n’est pas ce tas de cendres-là, cela n’a pas de sens. Thâỳ serait-il seulement cette poignée de cendres ? Thâỳ est plus que ces cendres. Thâỳ est une réalité spirituelle, encore vivant et présent partout. En chaque moine, en chaque moniale, on peut voir Thâỳ, en chaque ami laïque également. Là où il y a marche méditative, méditation assise, enseignement, repas en silence, touchers de la terre, il y a Thâỳ.
Il n’est pas possible d’enfermer Thâỳ, de le mettre dans une urne et de le déposer dans un stupa. Thâỳ ne veut pas de stupa, c’est inutile de réserver un terrain pour cela. Si  Thâỳ D N a déjà construit le stupa à la Pagode D, alors il faut écrire sur le stupa : « Il n’y a rien dedans, Thâỳ n’est pas dedans » ; si les personnes ne comprennent pas, alors il faut ajouter « Dehors, il n’y a rien non plus » ; s’ils n’ont pas encore compris, alors il faut ajouter cette dernière phrase : « S’il y a quelque chose, c’est dans chacun de vos pas et votre respiration ». C’est cela l’enseignement de Thâỳ aux moines et moniales de la Pagode DQ à Hanoï et de la Pagode-mère.
Ne perdez donc pas de temps pour chercher un terrain et construire un stupa pour Thâỳ. Ce n’est pas sa préoccupation. S’il y a un rocher, vous pouvez y inscrire le titre d’un de ses livres, le miracle de la pleine conscience, par exemple. Ce rocher représentera davantage Thâỳ qu’un stupa avec ses cendres. Mettez les cendres là où il y a de l’herbe, des plantes pour les nourrir. N’empêchez pas la continuation de cette poignée de cendres.
La Pagode-mère a besoin de la tradition et de la pratique du Dharma du Village des Pruniers à 100%. Quant à la pratique, Thâỳ souhaite vraiment que la Pagode-mère suive la tradition du Village des Pruniers à 100%. Cette tradition est l’œuvre de Thâỳ. Beaucoup de Vénérables ont élaboré de très grandes œuvres. Ce sont des créations importantes. Cependant l’œuvre de Thâỳ n’est pas imposante, c’est une pratique qui apporte l’énergie de transformation et de guérison à ses contemporains.
Le stupa de Thâỳ, c’est la continuation de la pratique. La tradition de la pratique de Thâỳ, c’est vraiment cela le stupa de Thâỳ. La pagode de Pháp Vân  (Saïgon), la Pagode-mère Diȇu Tram doivent avoir ce stupa. Ce n’est pas un stupa de briques ou de ciment mais un stupa de pratique. Toutes les moniales, tous les moines, tous les pratiquants laïques qui viennent peuvent être invités à y aller, c'est-à-dire à apprendre à marcher en pleine conscience, à prendre le thé en pleine conscience, à communiquer avec la parole aimante et à s’écouter les uns et les autres.
 

Une continuation de la non-apparence
Nous sommes souvent attachés à des formes (apparences) auxquelles nous sommes habituées. C’est pour cette raison que nous pleurons quand ces formes habituelles disparaissent. Les avancées scientifiques actuelles permettent, avec le clonage, de créer des enfants identiques à Thâỳ lorsqu’il était petit. Il suffit de prendre quelques cellules de Thâỳ pour réaliser cela. Ces enfants seront identiques l’un à l’autre et à Thâỳ.
Cela vous plaira de les voir s’amuser, parler, sourire. Ils ne seront pas différents de Thâỳ, lorsqu’il était enfant. Pourtant, ces garçons ne seront pas vraiment Thâỳ, bien que chacun possède des mauvaises ou bonnes graines de Thâỳ. Ils ne seront pas la véritable continuation de Thâỳ s’ils ne rencontrent pas un maître, n’ont pas un environnement pour pratiquer, ne traversent pas les épreuves que Thâỳ a connues.
Au contraire, si dans chacun de vos pas, dans chacune de vos respirations, vous pouvez goûter la joie du Dharma enseigné par Thâỳ, vous serez la véritable continuation de Thâỳ, bien que vous ne ressembliez pas à Thâỳ physiquement. C’est pourquoi, parmi les 3 pratiques des 3 portes de libération, la pratique de la non-apparence est très importante pour que nous puissions reconnaitre la véritable continuation.

mardi 30 octobre 2012

ETUDE COMPARATIVE DES ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES ZEN THÍCH NHẤT HẠNH et THÍCH THANH TU


ETUDE COMPARATIVE DES ENSEIGNEMENTS DES MAÎTRES ZEN
THÍCH NHẤT HẠNH et THÍCH THANH TỪ



       
Présentée le 04 juin 2006 à la Pagode de THƯỜNG LẠC

Parler de ces deux grands maîtres zen,  et plus audacieucement encore de l’étude
comparative de leurs enseignements serait une vraie gageure à réaliser en une
séance.
Cependant devant un engouement important du public pour ces deux écoles de
Méditation bouddhique vietnamienne, nous essayons aujourd’hui d’aller à l’essentiel.
Aussi comptons-nous sur vous de bien vouloir apporter à la fin les compléments
d’informations ou de rectifications s’il y a lieu pour cet exposé d’importance capitale
au public épris d’acquérir des informations précises et utiles sur ces deux écoles.


HISTORIQUE de THÍCH NHẤT HẠNH



A l’âge de 16 ans, Thầy fut ordonné moine novice à la pagode de Từ Hiếu, près de la
Cité impériale de Huế au centre du vietnam. Très vite ce jeune moine novice se
servit de gathas ( Les gathas sont de courts poèmes pour rappeler les novices à la pleine conscience.) pour la pratique de la pleine conscience dans sa vie
quotidienne. Il devint très rapidement un jeune maître dynamique rempli de
bodhicitta, cet esprit d’amour qui n’a jamais cessé de rayonner en lui.
En 1950, Thầy fonda l’Institut des Hautes Etudes du Bouddhisme  Ấn Quang qui
devint le berceau de la lutte non-violente des bouddhistes contre la guerre du
Vietnam entre 1963 et 1975.
Après avoir présenté un rapport sur sa vision du Christianisme, du Judaïsme et de
l’Islam à l’Université de Princeton, il fut invité à enseigner les études comparatives
des religions à l’Université de Columbia Cité de New York de septembre 1961 à fin
1963.
De  retour  au  Vietnam,  il  fonda l’Université bouddhique Vạn Hạnh, puis en 1965,
l’Ecole de la Jeunesse au Service Social. Elle réunit près  de 10 000 travailleurs
sociaux dans 42 provinces du Sud Vietnam qui étaient véritablement des artisans de
paix en période de guerre.  A l’époque, son désir le plus cher était d’insuffler du
renouveau au bouddhisme vietnamien afin  de l’adapter au besoin du pays et des
jeunes. C’était le début du Bouddhisme engagé qui avait pris forme au Vietnam.
En 1966, Thầy sortit du Vietnam  pour aller plaider aux Etats Unis, en Australie, et en
Europe au rétablissement de la paix au Vietnam. A ce titre, il avait été proposé par le
pasteur Martin Luther King pour le prix Nobel de la paix en 1967. Malheureusement,
cet appel contre la guerre du Vietnam lui avait coûté l’interdiction de visa de retour
au pays. Refugié politique en France depuis 1969, Thầy s’était obligé alors à
s’adapter aux nouvelles conditions de vie occidentale. Il avait été invité à donner des
enseignements bouddhiques à La Sorbonne  et avait su profiter de ces moments
propices pour rédiger le Recueil des Commentaires en 3 tomes de l’Histoire du
Bouddhisme vietnamien signé sous le nom de Nguyễn Lang.
Thầy vit actuellement dans le sud ouest  de la France au sein d’une communauté
bouddhique, le "Village des Pruniers" qu’il a créé en 1982. Ce coin au départ inconnu
devient progressivement un grand centre de pratique monastique regroupant
plusieurs hameaux, au nombre de sept actuellement, répartis dans trois
départements limitrophes, la Dordogne, la Gironde et le Lot-et-Garonne.
Le Village des Pruniers est aujourd’hui  un centre international qui abrite une
communauté de plus de cents moines et moniales de  toutes nationalités. Ces
derniers animent régulièrement des séminaires ou des retraites aux laïcs qui viennent
apprendre l’art de vivre en pleine conscience à travers les actes quotidiens simples
tels que respirer, manger, parler, écouter, marcher... Thầy leurs dispense de
multiples enseignements et pratiques, tels que la méditation assise, la marche
méditative, les cinq entraînements à la pleine conscience, les quatorze entraînements
de l’ordre de l’Inter-Être, le partage sur le dharma, la méditation du thé, les touchers
de la terre, la méditation de l’étreinte...
Les retraites organisées chaque année au Village des Pruniers réunissent non loin
d’une quarantaine de nationalités différentes.
Lors de ces retraites, les participants apprennent à pratiquer la Pleine Conscience, à
prendre les repas en silence afin d’apprécier la nourriture et les autres pratiquants
qui les entourent, à partager en petits  groupes leurs expériences ainsi que leurs
visions profondes. Tous les jours ils partageront également des moments de
méditation du travail; ils apprendront ainsi à travailler ensemble en harmonie et dans
la détente, et ils partageront le travail avec la communauté, en aidant par exemple à
la préparation des repas ou au nettoyage, à l’entretien des parties communes ou au
jardinage. Il y aura une période de Noble Silence tous  les jours, pour les aider à
cultiver leur sagesse intérieure, et ils  profiterons de leur  temps personnel pour
revenir sur eux-mêmes, contempler la beauté de l’environnement, ou faire
connaissance avec les autres retraitants.
En somme, au Village des Pruniers, nous apprendrons à vivre en harmonie avec la
Sangha en essayant de comprendre les  autres par une communication adroite, de
développer notre écoute profonde et notre parole aimante, pour qu’ensuite en
rentrant à la maison, nous puissions amener cette pratique à notre vie de tous les
jours et établir ce type de rapports avec  notre famille, les amis, les collègues de
travail, etc...
Par ailleurs, il existe de nombreux sanghas et monastères sous l’égide du Maître
disséminés un peu partout en Europe, en  Amérique du nord et au Vietnam. Ce
maître bien qu’octagénaire continue à  parcourir inlassablement le monde afin de
transmettre la règle d’or : l’Inter-Être,  l’interdépendance de tous les phénomènes.
Cette règle nous amène vers l’enseignement du partage, de la paix, l’amour et la
compassion entre tous les êtres, sans discrimination.
Il est l’auteur d’environ une centaine de livres qui sont traduits en plusieurs langues.
Les plus connus sont : La plénitude de l’instant, La  sérénité de l’instant, La
respiration essentielle, La vision profonde, Le silence foudroyant, Enseignements sur
l’amour, Transformation et guérison, La colère... et bien d’autres encore.

MZ THÍCH THANH TỪ
Thầy était issu d’une famille pauvre à Vĩnh Long, une région fertile située dans la
province sud-est du Vietnam et avait dû s’employer pour se nourrir comme batelier
sur le petit fleuve du pays nommé Trà ôn.
Depuis son jeune âge, Thầy aspira déjà que s’il ne  pouvait pas être un remède
efficace pour guérir tous  les malades du monde, il devrait néanmoins être un
complément vitaminique capable de renforcer la défense de ses semblables contre
leurs souffrances.

A 26 ans, cet appel incessant venant du  plus tréfond de sa conscience devint si
pressant qu’il avait dû quitter sa famille pour se faire ordonner par le très Vénérable
Thích Thiện Hoa. Avec une tenacité et une assiduité exemplaires, il avait achevé les
études supérieures du bouddhisme en dix ans. Pendant ses études, à la lecture d’un
passage de Śuraṃgama sūtra ( Kinh Lăng nghiêm ) relatant les sept interrogations
d’Ānanda sur l’Esprit, il s’était mis à pleurer lorsque le Bouddha reprocha à Ānanda
Ārya de s’être laissé duper par les objets de connaissance qui  sont les formes, les
sons, l’odeur, le saveur, le toucher et les objets mentaux et d’oublier en conséquence
son identité intrinsèque, sa vraie nature aux dépens des choses extérieures à soi.  En
effet, au cours de l'Assemblée Śuraṃgama en levant son bras en direction d’Ānanda,
Bouddha lui demanda : "est-ce que  vous le voyez ?" , réponse d’Ānanda: " je le
vois" ; Ensuite Bouddha baissa son bras en disant : "maintenant, vous le voyez
encore ?" , réponse : "non , je ne le vois plus". Alors Bouddha le réprimanda : "vous
poursuivez autre chose et vous oubliez vous-même" . Ensuite Bouddha enjoignit son
fils, le vénérable Rāhula de sonner la cloche, puis il demanda à Ānanda : " entendezvous le son de cloche ? ", réponse d'Ānanda : " je l'entends " . Au moment où le son
de cloche cesse de résonner, Bouddha posa la même question à  Ānanda qui
répondit: " Non, L’Honoré, je ne l'entends pas ". De nouveau Bouddha réprimanda : "
Vous oubliez vous-même en poursuivant autre chose ".
Thầy entrevit dès lors la vraie nature de l’Esprit à travers l’omniscience de la vue, de
l’ouïe qui sont omniprésents en nous.
De 1960 à 1963, Thầy devint un enseignant remarquable et très apprécié par ses
élèves. Cependant il n’était  à l’aise devant les questions de ses interlocuteurs qui
l’interpellaient sur la vérité ultime, car il était conscient que ses réponses restaient
encore très livresques, ne  permettant pas de donner suite à des réelles pratiques
salvatrices. Par ailleurs, recevant de son maître une formation de la voie du
Bouddhisme de " la Terre Pure ", Thầy s’interrogea sur le pourquoi et le comment de
son travail d’ enseignement dont la nature ne correspondait pas à sa quête spirituelle
ni à sa conviction religieuse.
En 1961, il avait dû faire une halte d’enseignement pour raison de santé et alla se
faire héberger par Thầy Nhất Hạnh au Phương Bối Am à Dalat. Pendant son séjour
de convalescence, il avait pu approfondir le livre Lục Diệu Môn du maître ch’an Trí
Khải. Il s’agit d’un livre de pratique de méditation sur " les six types de respirations
ouvrant la porte du  Nirvana ". En 1963, Thầy revint assurer la direction
d’enseignement de l’Institut bouddhique Huệ Nghiêm et tâcha de poursuivre encore
son enseignement jusqu’à 1966 sans pouvoir trouver de solution à sa quête
intérieure. Il demanda alors à son maître de pouvoir se retirer de l’enseignement afin
de se consacrer pleinement à sa recherche.
Thầy avait pu enfin se retirer dans la " grande montagne " de Vũng Tàu (cap Saint
Jacques) et  se mit alors à pratiquer intensément la méditation. Au début de 1968
dans sa petite hutte, il s’était promis de ne plus jamais la quitter s’il ne découvra pas
l’énigme de sa quête. Un jour, il fut réveillé en pleine nuit par une voix énigmatique
et réalisa d’emblée le sens profond de la doctrine de la vacuité (Śūnyatā). En fin de
cette année-là, Thầy déclara sortir de sa retraite et procéda à un enseignement
pratique différent de ce qu’il avait employé antérieurement. Celui ci était basé sur le
sutra du cœur de la perfection de la sagesse transcendantale, le prajñā pāramitā et
surtout sur la pratique de la méditation qu’il nomma par la suite la Méditation
bouddhique vietnamienne.
Thầy forma en 1970 sa première école de méditation à Chơn Không où il enseignait
la pratique de méditation qui créa un engouement particulier auprès des bouddhistes
du pays. Ses monastères et sanghas n’ont depuis cessé de s’ériger partout dans le
pays, au gré des aspirations grandissantes de ce courant de méditation,
principalement au Sud du Vietnam dans la région de Long Thành et de Bà Rịa, au
haut plateau Dalat, également au nord du Vietnam dans les montagnes de Yên Tử et
de Tây Thiên, et aussi au centre du Vietnam en voie de réalisation dans la montagne
de Bạch Mã, contribuant ainsi à donner  un nouveau souffle au bouddhisme
vietnamien.
A l’étranger, nous suivons  avec beaucoup d’intérêt depuis quelques années une
propagation de son enseignement aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en
France, surtout là où se concentrent des vietnamiens d’outre mer. Ses disciples sont
innombrables au Vietnam et à l’étranger. Approximativement, les moines et moniales
seraient au nombre de 20 000 et les laïcs initiés à la Méditation bouddhique de Thầy
sont estimés non loin à un demi-million de personnes.
Ses ouvrages constituent un trésor inestimable pour les pratiquants de la méditation
bouddhique. Il comporte plus d’une cinquantaine de livres composés de sutras
grands classiques commentés à la manière zen, d’anciens sastras ( Les Sutras relatent les enseignements du Bouddha, les Sastras, les enseignements des Patriarches) des grands
patriarches chinois et vietnamiens, et d’écrits de vulgarisation de l’enseignement
bouddhique, écrits tous en langue vietnamienne. Ses sermons simples, directs et
joviaux sont largement accessibles à tous les niveaux de connaissance.
Aujourd’hui âgé de 83 ans, le maître s’adonne entièrement dans son monastère à
Dalat baptisé " monastère de la forêt de bambous au phénix (Trúc Lâm Phượng Hoàng) "
à sa pratique de méditation et délègue tous ses pouvoirs au comité de moines et
moniales qui gèrent collectivement toutes les activités nationales et étrangères.

BASES ESSENTIELLES DE LEURS ENSEIGNEMENTS

ENSEIGNEMENTS DU MZ THÍCH NHẤT HẠNH :



La règle d’or des enseignements du Maître du Village des Pruniers consiste à
observer l’ordre de  l’Inter-être et à promulguer ses
quatorze entraînements.
Le mot "inter-être" n’existe pas encore dans le dictionnaire. Etre, c’est
nécessairement inter-être, car nous pouvons pas "être" simplement par nous-même.
Nous devons forcément "inter-être" avec toutes les autres choses. La feuille de
papier racontée par Thầy ne pourrait pas être conçue que s’il y avait le concours
d’autres éléments tels que les  arbres de forêt, le soleil, la pluie, le bûcheron qui a
coupé l’arbre et toutes les gens qualifiées dans la fabrication du papier... Cette feuille
de papier n’inter-est ainsi que grâce à  l’interdépendance des autres choses, sans
lesquelles elle ne pourra pas exister. Aussi, lorsque nous comprenons qu’une simple
feuille de papier puisse contenir en elle tous les autres éléments non-papier, nous
pourrions comprendre qu’un grain de poussière puisse englober dans sa petitesse
tout l’univers et que notre cœur et notre esprit deviendront alors infinis. Cette vision
profonde de l’inter-être enseigné dans l’Avatamsaka sūtra (Kinh Hoa Nghiêm) nous
permettra d’opérer en profondeur notre transformation et de savourer le bonheur
d’inter-être unifié à l’univers tout entier.
Ce qui anime le cœur et l’esprit de Thầy, c’est  le Bodhicitta, le cœur de l’esprit
d’éveil qui reste allumé sans cesse en lui. Jadis avant 1975, devant les souffrances
causées par la guerre du Vietnam, ce jeune moine vietnamien avait plaidé la non
violence et la paix réelle. Après la réunification du pays, il poursuit de 1976 à 1992
son œuvre de paix en aidant les réfugiés "boat people" du Vietnam, Cambodge et
Laos  en partageant leurs souffrances. Sa prise de position était tellement incomprise
des régimes politiques successives du pays qui le croyaient autrement qu’un simple
moine épris de Bodhicitta. Actuellement, en temps de paix, dans son monastère et
dans les différentes retraites organisées dans le monde entier, Thầy propose aux
pratiquants bouddhistes ou  non, mille solutions pratiques face aux difficultés ou
souffrances dans leur vie quotidienne, leur permettant ainsi de retrouver la plénitude.
Le bonheur est avant tout ici et maintenant. Il est toujours là, à nous de savoir le
saisir au moment présent.
Par une méthologie louable, avec des  paroles douces et pénétrantes, Thầy nous
apprend à découvrir une multitude d’expériences pratiques dont le but ne s’écarte
jamais de savoir comment retrouver cette plénitude de l’instant et ceci grâce à la
pratique de la Pleine conscience.
Cette  Pleine conscience est une force intérieure  qui nous anime dans notre
pratique quotidienne et qui consiste à  apprendre à vivre pleinement conscient à
chaque instant de notre vie, non seulement dans la salle de méditation mais
également à tous les moments où nous sommes, que ce soit en mangeant, en
marchant, en travaillant, en se reposant,  ou même en faisant nos besoins... C’est
pourquoi Thầy accorde le temps de la méditation assise d’importance égale qu’aux
autres tâches de la journée. Sans distinction de tâches, la pleine conscience règne à
tout instant de notre vie.
Thầy a tiré substance pour ses instructions à partir des enseignements du Bouddha à
travers les différents sūtras qu’il nous a commentés avec simplicité et clarté et nous
a démontrés les pratiques simples qui s’en suivent. A  nous de nous y appliquer
diligemment, nous trouverons sans aucun doute paix et bonheur.
La base d’enseignement de Thầy repose sur le sūtra AN BAN THỦ Ý (Quán niệm hơi
thở,  Ānāpānasati sutta,  Sūtra de la pleine conscience de la respiration)
commenté par Khương Tăng Hội, le premier patriarche vietnamien au IIIème siècle.
Ce patriarche avait le génie d’employer le sūtra originel enseigné par Bouddha et de
l’adapter aux besoins de ses contemporains dans le courant du grand véhicule
bouddhiste Mahāyāna.
Thầy a eu le mérite de réactualiser ce Sūtra de la pleine conscience de la respiration
et de l’avoir mis en service au monde occidental quelque soit ses croyances ou sans
croyances particulières.
Dans la même orientation, Thầy a utilisé à merveille  le Sūtra des quatre
Etablissements de l’Attention (Kinh Tứ Niệm Xứ, Satipaṭṭhāna sutta), et a
décortiqué à fond cette méthode de l’attention aux quatre " demeures " tels que le
corps, les sensations, l’esprit et les objets de l’esprit. A partir de ce travail
d’observation qui est un travail de pénétration et de transformation comme agit la
lumière du soleil sur les plantes et les êtres, il a pu trouver des applications directes
dans la vie quotidienne et nous montrer par la suite comment traiter nos formations
mentales, nos perceptions erronées, mais  aussi calmer en prenant soin de notre
corps, de nos sensations, produisant ainsi une transformation intérieure et une
véritable guérison spirituelle. Aussi par  cette méthode, nous pourrons embrasser
notre colère, dénouer les entraves de nos formations internes qui sont enfouies dans
notre conscience, partager avec compassion les malheurs  des autres et nourrir les
graines saines de compréhension et d’amour, source de vie de partage et de
bonheur. La pratiquer de façon continue nous apportera réellement d’immenses
satisfactions et de grands avantages.
Le troisième sūtra enseigné par le Bouddha et essentiel pour la pratique de la
méditation serait le Sūtra de la meilleure façon de vivre seul (Nhất Dạ Hiền Giả,
Bhaddekaratta sutta). De nos jours, connaître et pratiquer " la meilleure façon de
vivre seul " garde toujours sa vérité et  son utilité premières pour l’humanité toute
entière. Ceci consiste à lâcher prise par rapport au passé et au futur, à vivre en
pleine conscience afin de pratiquer la vision profonde pour pouvoir découvrir la
véritable nature de tout ce qui se passe dans le moment présent. L’expérience de la
méditation du thé nous permettra de savourer le bon thé de l’instant. Quand Thầy
nous invite à prendre du thé en pleine conscience, nous pouvons alors pratiquer le
retour à l’instant présent pour vivre notre vie ici et maintenant. A cet instant précis,
nos mains et nos lèvres sont au contact du thé chaud et parfumant, nous le buvons
en pleine conscience. L’être et le thé ne font plus qu’un. C’est vraiment un moment
merveilleux de l’existence à ne pas manquer!
La dernière pratique, citée de façon non  exhaustive de tous les enseignements de
Thầy est celle des Quatre Etats illimités de l’Esprit, enseignée dans son livre titré
Enseignements sur l’Amour, et qui se compose de quatre états de l’Esprit : l’esprit
d’Amour incommensurable (Từ, Maitri), l’esprit de la Compassion incommensurable
(Bi, Karuna), l’esprit de la Joie incommensurable (Hỷ, Mudita) et l’esprit d’Equanimité
incommensurable (Xả, Upeksha) [Tứ vô Lượng Tâm, le Brahmavihara]. Par cette
pratique, Thầy nous invite à communier à autrui notre amour, à partager les
souffrances des autres, à savoir accueillir la joie d’autrui et à savoir appliquer le nonattachement c’est à dire le lâcher prise à partir de la pratique de la vision profonde
sur nos cinq agrégats tels que la forme (le corps) , les sensations, les perceptions,
les formations mentales et la conscience. Cette pratique n’est pas de pures
aspirations provenant d’un esprit puéril, car si nous la pratiquons consciencieusement
et sincèrement, elle nous permettra de regarder le monde avec sérénité et amour, au
moins de nous libérer progressivement de nos afflictions telles que colère, haine,
avidité, avarice, préjugés, ignorance,... et aussi de nourrir en nous les bons
sentiments, les perceptions justes, les réflexions justes, bref les bons grains de
l’amour et de la compassion, de la joie et du bonheur, de la liberté et du respect de
l’autre.
Thầy dit que chaque matin en ouvrant les yeux, il embrasse le monde d’un regard de
bonté aimante et de compassion.

ENSEIGNEMENTS DU MZ THÍCH THANH TỪ

L’enseignement pratique de Thầy relève de la lignée de  la méditation bouddhique
patriarcale dont le travail fondamental est de réaliser la Non-Pensée (Vô niệm, asmṛti), la voie d’accès étant la porte de la Vacuité, l’entrée au Dharma authentique.
Autrement dit, pour pratiquer cette méditation, nous devrons apprendre à réaliser la
Non-Pensée c’est à dire accepter de ne pas suivre les pensées discursives, de ne pas
nous laisser entraîner dans des réflexions, des discussions ou de calculs sans fins. Il
faudrait apprendre à lâcher prise toutes les idées parasites et analyses futiles afin de
pouvoir garder l’esprit dans son état originel. Ceci paraît à priori difficile à réaliser car
nous sommes habitués à croire que l’homme n’existe que par ses propres pensées,
et que sans pensées, il ne sera plus lui-même et risque de s’affoler devant ce silence
intérieur ou pire de ressentir une perte d’ identité, une sorte d’aliénation devant ce
vide.
Or pouvoir observer ce silence de l’esprit est un moment de rencontre merveilleuse
avec soi-même. Pour bien le comprendre, nous sommes obligés de remonter à la
source de la méditation bouddhique. Nous avons su que le Bouddha a pu obtenir
l’Eveil au bout de quarante neuf jours et nuits de méditation.
Un jour au cours d’un de ses sermons, Bouddha leva en silence devant ses disciples
une fleur de lotus. Devant  la surprise totale de l’auditoire, il n’ y avait que
MahāKaśyapa, un des grands disciples du Bouddha qui avait su répondre par le
sourire. Il avait réalisé sans paroles suivant la confirmation du Bouddha, l’ultime
vérité à travers la connaissance innée. Cette illustration montre que la transmission
d’esprit en esprit peut et doit se faire autrement que par les enseignements oraux ou
par les écritures. De là naissa l’esprit Dhyāna, ou esprit Ch’an, ou esprit Zen ou esprit
Thiền qui s’éclairait davantage après l’arrivée en Chine  au VIème siècle de
Bodhidharma, le premier patriarche chinois dont on lui  rattacha les stances
suivantes :
"Aucune dépendance à l’égard des mots et des lettres
Une transmission spéciale en dehors des Ecritures
Visant directement l'Esprit humain,
et retrouvant sa nature innée, on devient Bouddha"
Aussi, la transmission ne relève pas forcément de l'enseignement issu des sūtras, elle
se fait d’esprit en esprit. L’objectif paraît à la fois simple et direct : " En visant
directement l’esprit humain, on retrouve  sa nature innée et  on réalise l’état de
Bouddha ". Le message est clair. La bouddhéité est en nous et non ailleurs. A nous
de le retrouver et apprendre à vivre ainsi.
Le programme de Thầy vise donc à reconnaître l’ Esprit, cette bouddhéité qui
est en nous (Biết Chân tâm). Pour la compréhension de la pratique, Thầy répartit
le programme en trois étapes successives :
1)  Ramener les six organes de sens à l’Esprit (Quy sáu căn về Chân tâm) :
L’homme vit et se meut grâce à ses six sens. Ces organes sensoriels sont en contact
permanent avec leurs objets  de connaissance. Dans la vie d’une personne, son
équilibre et sa moralité dépendent de l’attachement que le sujet a pour son objet. Si
les six sens se laissent embobinés par leurs objets de connaisance, l’esprit dérive et
perd le contrôle de ses six sens.
Avant la pratique spirituelle, pour reprendre l’image employée  par un maître zen,
nous pourrons dire que tout profane voit les montagnes des montagnes et les rivières des
rivières, mais avec l’attachement conditionné aux spéculations sensorielles et
émotionnelles.
D’où risque évident de souffrances, et la sage attitude est de ramener ces six sens
à leur maître éclairé nommé l’Esprit.
Comment les ramener dans la pratique de la Méditation bouddhique vietnamienne ?
Thầy enseigna que lors du contact des sens, apprendre à reconnaître immédiatement
la présence in situ de l’esprit.
Nous le reconnaissons en confirmant mentalement :
- Ainsi quand les yeux voient les objets, nous reconnaissons d’emblée que c’est la
connaissance de l’esprit.
- Quand les oreilles entendent les sons, c’est aussi la connaissance de l’esprit.
- Quand le corps reçoivent des sensations, c’est la connaissance de l’esprit.
- Quand le nez sent les odeurs, c’est la connaissance de l’esprit.
Quand la langue goûte la saveur, c’est la connaissance de l’esprit.
- Quand la conscience est en connexion avec des pensées, c’est la connaissance de
l’esprit.
Bouddha nous a appris que nos six sens sont à l’origine de notre désir d’attachement
et de préhension pouvant amener à des souffrances, mais également à la source de
notre Eveil. Lorsque les organes sensoriels sont en  contact avec leurs objets de
connaissance, s’ils sont attirés aveuglément par leurs objets, ils nous amèneront sans
aucun doute vers la souffrance et le cycle de renaissances. En revanche, si les
organes sensoriels sont libérés des entraves de leurs objets, nous pourrons aboutir à
l’Emancipation du Samsara et atteindre ainsi l’Eveil. Par conséquent, nos organes
sensoriels constituent une véritable base de travail sur nous-même pour notre propre
transformation intérieure.
Ce retour à soi-même autoguidé au départ devra se pratiquer tout au long de la
journée. Cet entraînement permet à l’Esprit de faire tarir progressivement à la source
toute émission de pensées discriminatoires. Il paraît difficile au départ car nous
sommes tellement conditionnés à voir les choses avec nos préjugés et à les juger
selon nos critères prédéfinis. Pour pouvoir contrôler notre cortex cérébral de ne pas
émettre mille pensées parasites, nous avons la possibilité, avec la même procédure
de concentration mentale, de canaliser notre conscience dans une direction
déterminée tel que la concentration mentale par la méthode de Vision profonde
(Thiền quán, Vipassana) ou selon la conduite de la lignée de la Méditation
vietnamienne Yên Tử " Phản Quan Tự Kỷ " qui consiste à pratiquer une introspection
intérieure afin de mieux s’observer soi-même.
Au début de son enseignement, Thầy nous avait guidé avec ces préceptes suivants:
- Reconnaître le caractère illusoire des pensées et ne pas les suivre (Biết vọng không
theo).
- Ne pas s’attacher aux phénomènes extérieurs (Đối cảnh không tâm).
- ne pas s’accrocher aux deux bornes de la dualité (Không kẹt hai bên).
Avec la pratique de ces " trois Non ", nous avons pu déjà éliminé une grande partie
de parasitage environnante.
L’entraînement qui consiste à garder l’  esprit clair, celui qui précède toutes les
pensées nous permettra d’installer plus  efficacement un filtre à toute immixtion
éventuelle de pensées discursives. Dans la salle de méditation, pour ramener les six
sens à l’Esprit, nous avons l’avantage de pratiquer plus facilement les trois premiers
exercices de l’entraînement qui sont liés à la vue, l’ouïe et le toucher.
Bien entendu, le but de notre travail n’est pas de supprimer toutes nos pensées, de
refuser tout contact avec les  phénomènes extérieurs ni  de faire d’obscurantisme à
toutes formes de dualité qui font partie intégrante de notre vie sociale.
Bien sûr nos pensées sont vitales pour notre vie, malheureusement bon nombre de
celles-ci sont futiles et capables de nous perturber  jour et nuit si nous ne
connaissons pas les moyens d’y mettre fin.
Cet entraînement a le privilège de nous permettre d’être simplement de plus en plus
libre et maître de nos pensées, d’être détaché progressivement de toutes influences
extérieures négatives et de pouvoir être à l’aise entre les deux prétendues vérités.
La forme est vacuité, la vacuité est forme. Bref un lâcher-prise total des noms et des
formes qui sont reconnues d’emblée éphémères, impermanentes et destructibles
pour pouvoir prendre l’envol vers la liberté et le bonheur, un pas vers l’émancipation
et l’éveil.
2)   Une fois l’Esprit reconnu (Nhận ra Chân tâm):
Nous tâcherons alors de garder cet esprit omniscient et omniprésent (Chân tâm
hiện tiền) à travers toutes nos quatre positions de la vie courante et nos tâches
quotidiennes.
C’est un procédé de pratique de contemplation de l’Esprit au moment présent avec
un esprit serein et éclairé.
L’esprit omniscient est la vision unifiée des choses et des êtres qui nous permet
de mettre fin à tout dualisme, à tous critères de comparaison nous empêchant de
franchir la porte de la Vacuité, car tant  qu’il y a notion de dualité en nous, notre
esprit s’empêtre dans ce monde impermanent avec ses notions binaires de Bien/mal,
Vrai/faux, Beau/laid, etc... à ne jamais pouvoir s’en détacher.
L’esprit omnisprésent est la vision instantanée  comme celle du miroir. Avant
l’événement, aucune image est refletée. Après l’événement, l’image disparaîtra sans
laisser de traces. Pendant l’événement le miroir reflète toutes les images qui sont
dans son champ et rien d’autres.
La Vacuité (Tánh Không, Śūnyatā) est un concept très cher de l’enseignement du
bouddhisme Mahāyāna mais incompris par la plupart des gens qui  croient souvent
qu’il s’agit d’un vide avec tous les pessimismes du néant qui en découlent. Mais pour
ceux qui pratiquent  le sūtra du cœur (Tâm Kinh, Prajñā-pāramitā), ils peuvent
approfondir petit à petit cette doctrine et comprennent mieux ce  qu’est la vacuité.
Dans le sūtra, un paradoxe tel que la forme est vacuité, la vacuité est forme suppose
déjà de longue méditation pour pouvoir accéder à une compréhension correcte. La
forme, élément visible et  palpable de la vie n’est  pour le bouddhisme qu’un
assemblage de quatre composants tels que la terre, l’eau, le vent et le feu. Elle naît
et disparaît selon la loi  de l’Impermanence (Lý Vô Thường, Anicca) et de
l’Interdépendance productive (Thuyết Nhân Duyên, Paṭiccasamuppadā). Ainsi la
nature profonde de la forme est vide. Elle n’a pas d’existence indépendante et propre
(Non-soi, Vô ngã, Anatta) et ne peut prendre forme que grâce à l’interaction de la
production conditionnée.
A la fin de cet entraînement, le pratiquant voit que les montagnes ne sont plus des
montagnes, les rivières ne sont plus des rivières. Il n’existe plus rien de réel, de
permanent sur terre, tout n’est que phénomème éphémère.  Pas de forme, pas de
vacuité. Il reste seulement l’esprit qui nous illumine.
Nous serons en extase devant nous-même, devant cette merveilleuse présence qui
est omnisciente en nous, l’esprit qui nous a permis de nous affranchir de toutes les
entraves de la vie.
3)   Entrer en communion avec l’Esprit (Thể nhập Chân Tâm):
Avant d’ " entrer " dans l’Esprit, il est bon de savoir d’abord ce qu’est l’Esprit, sinon
lorsque nous le rencontrons, nous risquons de passer à côté. Comme l’esprit n’a pas
de forme, il est forcément invisible et indescriptible. Nous ne pourrons pas
l’appréhender avec nos cinq sens. Il n’y a que le " sixième sens " qui nous permettra
d’opérer la rencontre du 3ème type !
Sa description donnée dans les différents sūtras ou par les sages patriarches est la
suivante :  l’Omnicience permanente (Liễu liễu thường tri), n’ayant ni forme, ni
image, est la Non-Pensée par excellence . Car si la pensée a un début et une fin,
l’omniscience, elle, est cette connaissance  parfaite qui se manifeste directement à
travers nos six sens. L’action et la réaction sont parfaitement intuitives. L’esprit est
comme un miroir qui réfléchit les choses telles quelles dans son champ; aucune
projection, aucun écho supplémentaires venant d’ailleurs! Si une fleur de lotus passe
devant, il reflètera juste une fleur, sans connotation " belle " ou " parfumée " ou
" pure ". Si la boue passe devant, il reflètera juste la boue, sans connotation " sale "
ou " impure ".
Toutes les pensées futiles, discriminatoires sont donc bonnes à jeter, à évacuer, ou
plus simplement à ne pas les suivre. S’il y a une chose digne à réfléchir, le dispositif
d’introspection déjà installé sera tout prêt à fonctionner. Cette vision profonde a pour
but d’agrandir de façon neutre tous les  aspects de la chose et permettra ainsi de
trouver une solution rapide et avec cet avantage appréciable qu’elle est transparente
et dépourvue de tout attachement.
Rompu à cet entraînement, " l’Esprit devient Æest la Non-Pensée " (Chân tâm
là vô niệm). Ce serait la liberté totale et le bonheur de création sans fin car l’esprit
rayonne dans le monde de Non-forme et de Non-mental. En des termes plus
pratiques,  la Non-Pensée est l’instant présent avec détachement du poids
du passé et du souci de l’avenir. C’est la liberté et le bonheur du présent.  Les
oiseaux en bois sec chantent sur l’ arbre, et les poissons en terre cuite nagent dans l’eau.
Dans le passé, les patriarches restaient autant de temps dans cet univers de silence
(cinq ans - vingt ans) afin  de vivre en pleine conscience au moment présent avec
cette clairvoyance de l’esprit et le non-attachement à merveille.
A un stade encore plus avancé, L’Esprit devient tellement vaste que ses contours
touchent presque le fond de l’Univers. Seule la visualisation de la Non-Pensée
reste en nous afin de nous guider dans notre conduite .
Les choses et les êtres redeviennent tels quels et se simplifient à merveille.  Les
montagnes ne sont que des montagnes et les rivières des rivières. La forme est forme, la
vacuité est vacuité. La vérité est Ainsi (Chân như).
Au stade ultime de la réalisation, la Non-Pensée disparaît à son tour.
Le seul concept directeur et unifié étant tranché, la dualité entre sujet et objet est
transcendée à son tour, et la Non-Pensée se fusionne à sa vraie nature originelle.
L’être et tous les phénomènes deviennent Un, et Un devient Tout selon l’ordre de
l’InterÊtre. Sous les regards du Pratiquant, toute chose devient Juste Ainsi (Như thị).
Les montagnes et les rivières sont juste ainsi.
L’Esprit Clair (ou l’Esprit non-mental/Vô tâm)  retrouvera sa grandeur de
l’infini, de l’Univers tout entier. Cette Connaissance suprasensorielle ouvre à
perpétuité la Voie de l’Eveil à la Sagesse et à la Compassion (ou " la voie du
Bodhisattva "), qui est la résonance de l’Ainsité (Như như). En retrouvant sa vraie
nature, le cœur de Bodhisattva vibrera  avec l’esprit des autres et entrera en
compassion avec tous les êtres. Son esprit est juste " c’est " (Đang là), c’est à dire
lorsqu’une personne a faim, il lui donne à manger ; si elle souffre, il l’aide à sortir de
sa souffrance... et tout cela naturellement, sans s’attacher aux notions de bien ou
mérites de ses actes.
Tout devient lumineux et merveilleux à vivre à chaque instant. A chaque parole et à
chaque geste ainsi proférés par le Bodhisattva règnent la paix et le bonheur autour
de lui. " La Terre Pure " est tout à fait possible ici et maintenant. Il y aura sur terre
plus d’harmonie et d’entraide entre les êtres.
Tous les matins en se levant, Thầy se dit tout de suite habité par cet Esprit
omniscient et omniprésent.

ETUDE COMPARATIVE DES DEUX ENSEIGNEMENTS :
DEUX PERSONNALITES DIFFERENTES , UN CŒUR UNIQUE DE DHARMA



1)   Méthode :
MZ Thích Nhất Hạnh (TNH) et MZ Thích Thanh Từ (TTT) sont des moines zen
vietnamiens qui pratiquent et enseignent la méditation bouddhique vietnamienne
dont la source d’inspiration a été différente.
Thầy TNH s’est inspiré de l’œuvre du patriarche Khương Tăng Hội. Il utilise " une
passerelle spéciale " entre les enseignements originels légués par Bouddha et
l’héritage des enseignements du courant de Grand Véhicule  de Mahāyāna pour les
adapter à la compréhension du monde occidental. Le terme " passerelle spéciale "
relève de l’ingéniosité vietnamienne, car à partir des coutumes et traditions du pays,
Thầy s’ingénie à conceptualiser la quintessence bouddhique et à l’organiser en une
pratique adaptée aux besoins de l’époque.
Thầy TTT a donné toute son énergie pour  revaloriser les bases théoriques et
pratiques de la lignée de méditation Yên Tử qui florissait au XIIIème siècle sous la
dynastie des Trần, dont Trúc Lâm Đại Đầu Đà, ex-roi Trần Nhân Tông devenait le
premier patriarche vietnamien. Ce dernier arriva à rassembler toutes les lignées de
méditation qui existaient au Vietnam à l’époque, en une école unifiée.
Par conséquent, nous pouvons considérer que les méditations bouddhiques
enseignées par nos deux grands Maîtres ne sont pas plus vietnamiennes l’une que
l’autre.
Leurs actions constituent deux grands phares dans le Bouddhisme dont l’un renforce
la luminosité de sagesse et de compassion dans le monde occidental, et l’autre
éclaire par la Lumière blanche de l’ Esprit tout le Vietnam.
2)   Devise :
Dans l’évolution spirituelle du pratiquant bouddhiste, les conditions de l’Eveil sont au
nombre de trois :  les préceptes éthiques, l’état de calme mental et la Connaissance
parfaite (Giới, Định, Tuệ / Sīla, Samādhi, Paῆῆa).
- L'observance des préceptes éthiques (Sīla) constitue les premiers moyens
permettant de parer aux perturbations  environnantes empêchant le travail de
concentration.
-   Le Samādhi est l'état de calme mental ni troublé par le frémissement des " plaisirs
des cinq sens " ni entraîné par le courant des " six sentiments ", en restant aussi
inébranlable qu'une montagne.
-  C'est seulement à ce stade que nous pouvons acquérir la force de briser le mur
d'ignorance qui obscurcissait notre esprit depuis des  existences multiples, et
appréhender parfaitement le problème en quête de solution, ceci s'intitule la
Connaissance parfaite (Paῆῆa).
D'où l'importance de ce triptyque de conditions à l'Émancipation: Sīla, Samādhi,
Paῆῆa.
Pour MZ TTT, vis à vis de ce triptyque de conditions à l’obtention de l’éveil, le respect
rigoureux des préceptes bouddhiques est chose primordiale dans la vie d’un moine,
sans quoi les deux autres ne parviendraient pas à l’amener jusqu’à l’éveil. Aussi peut-
on devenir grand maître renommé dans le monde mais la réalisation de son éveil
risque d’être prorogée, car on a encore à acquérir pour sa perfection la Connaissance
supérieure de tous les dharmas du Bouddha (Nhất thiết chủng trí, Sarvabijajña).
Quant au MZ TNH, vis à  vis de ce triptyque, Thầy choisit pour la pratique de la
méditation la devise suivante : la pleine conscience, la concentration mentale et la
connaissance parfaite ( Niệm, Định, Tuệ / Smṛti, Samādhi, Paῆῆa). Thầy insiste sur la
pleine conscience comme base énergétique génératrice de la concentration et de la
sagesse. Lorsque la pleine conscience est maintenue, nous ne nous dispersons pas et
ne souffrons pas de poursuivre le passé ni de nous perdre dans l’avenir. Bref nous
sommes solides et libres ici et maintenant. Si chaque jour, nous oeuvrons à
construire " la Terre Pure ", l’avenir de celle ci dépendra de notre travail de tous les
jours. Le Nirvana du lendemain serait le nirvana de tous les jours réunis ici et
maintenant.
3)   Bodhicitta :
Bien qu’octagénaires, leurs  cœurs restent toujours débordants de Bodhicitta, esprit
de sagesse et de compassion.
a/   But :
L’objectif premier de MZ TNH est de répandre à tous vents le nectar de la
compréhension et de la compassion.  Thầy a prêché la non-violence et reste toujours
en première ligne pour la défense de la paix mondiale. Nous avons pu mesurer sa
grande détermination d’aller jusqu’au bout de sa doctrine du bouddhisme engagé par
son attitude pendant le discours donné à Kerkeley le 13 septembre 2001 en risquant
sa vie. Il a manifesté un  amour et une écoute inégalables pour les jeunes et les
personnes souffrantes de violence et de haine, d’oppression et d’injustice.
Récemment Thầy n’a pas hésité à aller au festival de Cannes pour signer un contrat
de production d’un film basé sur son livre intitulé " Sur les traces de Siddharta " sans
prendre aucune royaltie sur son droit  d’auteur. Juste 1% des bénéfices seront
versées aux enfants pauvres d'Inde et 1% aux enfants pauvres du Vietnam. La seule
condition exigée par Thầy soit que toute l'équipe du tournage, ainsi que les acteurs,
passent un séjour au Village des Pruniers ou dans un des centres annexes à travers
le monde afin d’apprendre à vivre en pleine conscience. Ainsi, le film ne sera pas un
"semblant" de bouddhisme.
L’objectif premier de MZ TTT est d’atteindre l’Eveil et  de guider ceux et celles qui
aspirent à suivre la voie de méditation. Cette voie était mise en léthargie au Vietnam
pendant les deux derniers siècles, et c’est grâce à Thầy qui a su déployer sans cesse
depuis 1970 une énergie et un tact inouïs pour raviver les bases d’enseignement de
méditation de la dynastie des Trần afin d’apporter une contribution primordiale dans
la reconstruction du Bouddhisme vietnamien. Au sommet de sa réalisation culturospirituelle, il serait logique de penser qu’  il se reposerait sur ses lauriers pour ne
glaner que les bienfaits de son action, Thầy préfère plutôt se libérer complètement
de ses tâches de " management " spirituel pour se consacrer uniquement à la
pratique de la méditation afin de servir d’exemple à ses disciples.
Aller jusqu’au bout de leur objectif avec le non-attachement caractérisé constitue les
forces de caractères propres à chacun de nos deux grands maîtres.
b/   Résultat :
Le fruit de leur action résulte de leurs aspirations profondes.
MZ TNH a semé la paix et le bonheur  de l’instant. Maintenant partout où Thầy
marque ses pas, tous les aspects de " la Terre Pure " se révèlent. Son Sangha solide
et souriant constituera un véritable bataillon pour la paix et la non-violence, et qui
propage les messages de compréhension et de compassion au monde entier.
MZ TTT a plaidé pour la recherche de la vérité ultime qui est la libération de soi par
rapport à ses obstacles intérieures, et l’atteinte de l’éveil qui pourrait se réaliser au
cours de cette vie. Sa conduite est de bien prendre soin  de  se  purifier  avant  de
vouloir dispenser des enseignements à ses semblables. C’est pourquoi bien que son
Sangha soit bondé de moines et moniales, Thầy n’autorise qu’un petit nombre de ses
élèves à quitter les monastères pour aller là où il y a de demande d’enseignement.
c/   La portée de leur action sur le monde comtemporain :
MZ TNH a une vision pragmatique de la vie. Notre monde moderne est déstabilisé
par les souffrances provenant du pouvoir  de l’argent et de  l’appât du gain à
outrance. Agir efficacement, c’est agir tout de suite ici et maintenant. Le cœur de
Bodhisattva n’attend pas les moments propices pour agir. Thầy incarne l’amour et la
compassion qui s’efforcent de soulager les souffrances immédiatement quelque soit
leur provenance. Il forme son Sangha à l’entraide et au partage sans attendre la fin
de la réalisation de leur pratique.
MZ TTT est aussi conscient  de la souffrance actuelle  dans ce monde matérialiste.
Mais Thầy cultive une compassion profonde proche de Bouddha qui consiste à
élucider toutes les causes profondes de nos souffrances afin de les éradiquer une fois
pour toutes. Il forme son Sangha selon l’objectif de la réalisation ultime. C’est pour
cette raison que malgré les demandes insistantes venant de tous horizons, Thầy
préfère garder ses disciples suffisamment en formation continue dans les
monastères, et qu’il les laisse partir au compte gouttes pour de telle investiture.
Ces visions ne sont en réalité que les  deux facettes d’une même médaille. Devant
une souffrance, l’attitude la plus sage est double, soulager autant qu’on peut
immédiatement, et trouver  en même temps une remède radicale qui possède la
possibilité de mettre fin à cette souffrance.
d/   Vis à vis du Vietnam, leur pays natal :
En début de l’année 2005, après près de 40 ans d’éloignement, MZ TNH a pu enfin,
sur accord du gouvernement, faire un voyage de retrouvailles au pays et a pu
prononcer environ soixante dix sermons pendant ces trois mois de séjour. Un record
mondial de transmission du Dharma pour un vieux moine âgé de 81 ans ayant su
garder un cœur jeune de compassion de 1000 ans !
Il paraît que depuis son retour en France, deux ou trois monastères au Vietnam
seraient autorisés à se transformer en centres de formation et d’enseignement de
Pratiques à l’enseigne du Village de Pruniers.
Quant à MZ TTT, lors de la vogue pour le départ à l’étranger aux alentours de 1962
pour la découverte de la liberté et du modernisme, Thầy avait répondu aux amis qui
l’incitaient à quitter le pays qu’il préféra y rester dans le but d’approfondir les sutras
et sastras et de les traduire du chinois en vietnamien afin de pouvoir partager
ensuite ses instructions à ses compatriotes.
Puis Thầy a oeuvré à redévelopper la lignée patriarcale Thiền Tông qui contribue  à
revaloriser le Bouddhisme vietnamien rabaissé à l’époque au rang des professions de
foi et de superstitions.
Aussi grâce aux efforts incessants de nos deux grands maîtres pour la traduction, les
écritures, les sermons et les célébrations des cérémonies religieuses réalisées en
langue vietnamienne, nos compatriotes ont plus de facilités à accéder à l’essence du
Bouddhisme, à s’éloigner des méprises liées aux supertitions et aux pratiques
douteuses, et à retrouver la valeur antique du Bouddhisme qui est le travail de
reconnaissance de soi, de sa bouddhéité, de sa Sagesse,  et la redécouverte de la
sérénité et du bonheur de l’Instant... et ceci jusqu’à l’Emancipation totale ou l’Eveil.
Comme la plupart des pays d’Asie,  le Vietnam est en proie à ses succès
économiques. Le gouvernement donne la priorité aux investissements économiques,
forcément liés au pouvoir de l’argent. Si notre cœur et notre conscience ne sont pas
entraînés aux pratiques authentiques bouddhiques, nous pourrons être très vite
corrompus par le dollar, le sexe, l’honneur et les pouvoirs. Des jeunes gens et des
personnes occupant des postes à responsabilités dans le pays se sont souillés dans
des affaires de violence, du commerce de drogues, de prostitution et de corruption.
Même après un échec, ils n’ont ni peur d’aller en prison ni de se donner la mort sans
état d’âme. Il est temps que le gouvernement et les religieux ainsi que toutes les
organisations sociales et lettrées au service de l’éthique, de la morale civique aient le
courage d’analyser ces fléaux et de  trouver un terrain d’action commune sur
l’éducation des jeunes, dans le respect des uns et des autres, afin de sauver ce qui
peut encore l’être. La protection des  jeunes, dont la scolarité gratuite et
l’encadrement moral pour tous les enfants, est la vraie richesse du pays à l’avenir et
non le bonheur matériel ni le succès de l’argent.

CONCLUSION
Nos deux grands maîtres ont consacré toute leur vie à pratiquer un bouddhisme
d’éveil et de compassion. Bien qu’octagénaires, ils continuent à être à leur manière
les garants de la diffusion du cœur d’esprit de compassion (Bồ đề tâm, Bodhicitta),
les héritiers de la Vraie Loi Bouddhique (Chánh pháp, Saddharma), les porteurs
authentiques du flambeau de  l’Enseignement de Bouddha (Phật pháp,
Buddhadharma).
Ils ont offert gracieusement au monde entier les deux précieux héritages suivants, le
premier est de savoir savourer, malgré les vicissitudes  de la vie, le Bonheur de
l’Instant, et le deuxième est de savoir que nous avons un  trésor inestimable
beaucoup plus important que toutes les richesses réunies du monde, celui de
reconnaître notre nature profonde, le Bouddha en soi, et que tous les êtres et des
choses sur terre ne font qu’UN, l’inter-être.
Que nous sommes laïcs ou moines, bouddhistes ou pratiquants d’autres religions ou
plus simplement encore Non-pratiquants, nous possédons tous en nous ces deux
trésors. Il suffit en connaissance de cause, de les remettre  en valeur le plus
régulièrement et le plus concienscieusement possible, nous verrons alors que nous
deviendrons " riches ", c’est  à dire beaucoup plus solides et plus libres dans nos
actes, et par conséquent plus heureux et plus solidaires envers autrui, et bien
entendu ceci dépend du tempérament,  de notre niveau de compréhension et
d’application.
Sur terre, il y aura moins de haine et de terreur... La violence et la jalousie feront
place à la paix et au partage.... Ce sont donc des pratiques qui méritent d’être
connues, d’être promulguées aux plus lointaines contrées du monde afin que tous les
êtres puissent les appliquer aux bénéfices de leur bonheur et de leur liberté.
Par ailleurs, pour le concours à l’embellissement de la Maison mondiale du
Bouddhisme, nous disposons des moyens habiles pour diffuser le Dharma
authentique à travers les médias internationaux tel que le comité Nobel de Suède.
Pour cela, il suffirait d’une intervention juste et efficace  de la part des pratiquants
des méthodes d’enseignement des deux Maîtres auprès des anciens lauréats, des
nominateurs des Prix Nobel, des membres de certaines académies et comités
concernées pour la désignation du prix Nobel de la Paix.
Mahatma Gandhi, ayant lutté durement  pour la non-violence, et malgré de
nombreuses nominations, n’a pas pu obtenir le prix Nobel. Son décès en 1948 a mis
fin à toute poursuite de le nominer.
Sa Sainteté Dalai Lama a reçu en 1989 le prix Nobel de la Paix pour avoir plaidé en
faveur d’une solution pacifique du problème de Tibet. Aujourd’hui, Il reste toujours
en exil à Dharamsalla au nord-ouest de l’Inde, et la culture tibétaine est en train
d’être adsorbée par la culture et la civilisation chinoises.
MZ Thích Nhất Hạnh a été proposé par le pasteur Martin Luther King pour le prix
Nobel de la paix en 1967, mais l’éventuelle nomination a été ajournée par
l’assassinat du pasteur.
Vu actuellement l’état bénéfique des actions du MZ Thích Nhất Hạnh dans le monde
entier et celui des enseignements du MZ Thích Thanh Từ sur la transformation
profonde du peuple vietnamien, nous sommes en droit de penser que nos  deux
Maîtres pourraient être nominés en même temps pour le prix Nobel de la
Paix. Encore une fois de plus, nous savons qu’ils sont déjà octagénaires, qu’ils
n’auront pas besoin de l’honneur ni de la notoriété. Cependant le prix Nobel
permettrait de stigmatiser le monde moderne pour qu’il comprenne que l’humanité
peut encore trouver le bonheur et la liberté à côté de la richesse matérielle, et ceci
grâce au travail de transformation de soi à travers la méditation bouddhique.
Aux aspirations les plus profondes pour le bonheur réelle de l’humanité, nous nous
joignons les deux mains pour prier pour que les Sanghas de deux côtés puissent unir
leur actions pour une transmission durable des méthodes de méditation de nos deux
grands Maîtres. Une transmission adaptée et efficace aux générations futures des
messages d’amour et de compassion, de sagesse et d’éveil serait assurément le
témoignage de notre profonde gratitude envers nos Maîtres.

Namo Sakkamuni Buddha